La vision du monde de Boulat okoudjava dans son oeuvre lyrique des années 60-70




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4.Conclusion



4.1.Message d’Okoudjava


La doctrine officielle, incarnée par le héros soviétique ou la chanson de masse, détenait toutes les réponses à toutes les questions, et, de plus, se devait d’être didactique. C’est dire si, à la faveur du dégel, la poésie chantée d’Okoudjava est arrivée sur un terrain fertile : lassé de cet optimisme de pacotille, ressentant un besoin profond de quelque chose d’autre, le public a accueilli avec enthousiasme ces poètes qui leur parlaient enfin de la tragédie de l’existence, et qui de plus ne niaient pas l’idée de recherche, d’hésitation, de conflit intérieur.

Libération donc sur le plan personnel, en sachant que d’autres étaient en proie aux mêmes doutes, mais aussi sur le plan social, grâce à la description feutrée, mais évidente des problèmes de la société soviétique : contestation de la vision officielle de la guerre, de l’autoritarisme, de l’arbitraire, d’une société ayant perdu toutes valeurs spirituelles hormis celles du socialisme.

Ce message contestataire a eu un impact important sur la jeunesse. On peut dire également qu’Okoudjava, comme les poètes de sa génération, a eu un rôle d’accélérateur de conscience, en menant sur le chemin de la liberté de pensée individuelle toute une génération éduquée depuis l’enfance (pionniers, komsomols...) dans les principes de la morale officielle.

En renouant avec des thèmes éternels, mais négligés sous le réalisme socialiste, comme l’amour, l’amitié, il a redonné au public sa part de rêve, et a recréé le lien avec une culture populaire qui existe au sein de chaque peuple.

Dans sa description des lieux aimés et connus de tous, des petites gens, il a dressé le portrait de ses contemporains, et on a pu dire que l’oeuvre des poètes-chanteurs était une mine de renseignements inépuisable sur la façon de vivre de cette génération : miroir de la vie soviétique avec ses joies et ses peines, miroir de la vie tout court, mais aussi immense espoir, qui revient comme un leitmotiv dans toute son oeuvre. Le poète est un prophète, qui ne peut, avec le dégel naissant, qu’annoncer des jours meilleurs.

4.2.La forme


Les vers d’Okoudjava, poèmes ou chansons, poèmes-chansons, sont une poésie simple, accessible à tous. Contrairement à d’autres poètes-chanteurs, ses chansons peuvent très bien se passer de musique, sans rien perdre de leur poésie ou de leur musicalité.

Dans ses chansons, il a remis à la mode des airs anciens, valses d’autrefois, airs populaires d’antan, ce qui a certainement contribué à leur succès, et s’accordait très bien à la façon douce et feutrée de chanter de leur auteur.

Ses poèmes adoptent souvent la forme d’une fable ou d’un conte pour enfants , où interviennent des rois, des tambours, des animaux divers (sauterelles, merles, cigognes...) et surtout le célèbre chat noir, symbole du malheur dans la mythologie populaire, qui a pour pendant le Maître Gricha, sorte d’enchanteur paraissant sortir tout droit du folklore.

Ils ont parfois la forme de dialogues, qui semblent également sortis d’un livre d’histoires enfantines (Conversation nocturne) ; souvent le poète s’adresse à un interlocuteur, soit sur un ton virulent (Guerre, qu’as-tu fait, lâche, Ne crois pas à la guerre, gamin), soit sur un ton passionné (Rimes, mes bien-aimées, Tu es mon petit garçon, ma lumière blanche)...

Ces historiettes, ces fables, ces scènes de la vie quotidienne pouvaient paraître à première vue bien innocentes au lecteur ou à l’auditeur ; mais il arrivait bien vite à décrypter le sens caché derrière ces procédés permettant d’atténuer la violence des attaques.

La langue aussi a évolué ; moins traditionnel, le vocabulaire contient des mots familiers (naplevat’, belomor, moroka, pjalit’sja) ou des termes de jargon, mais aussi des mots vieillis tirés du folklore (Oci, krucina) ; il utilise également le procédé populaire de répétition de prépositions (po, u, na), de nombreuses allitérations qui renforce auditivement le sens du vers, des répétitions de mots reliés par un tiret.

De très nombreux poèmes sont très musicaux, comme certains poèmes sur la guerre aux vers courts et secs comme une fusillade.

4.3.Audace de la contestation


Le dégel de l’après-stalinisme a permis aux poètes et poètes-chanteurs d’exprimer enfin le principe de liberté et de dignité humaine, dans un foisonnement qui n’est pas sans rappeler l’éclosion des divers courants littéraires des années révolutionnaires.

Mais il était encore risqué de prendre le contre-pied du réalisme socialiste, du goszakaz (directive d’état), dans les années 60-70. Le poète Brodskij en a fait les frais, qui fut condamné en 1964 pour parasitisme social à 5 ans de déportation dans le Grand Nord.

Okoudjava, quant à lui, a pu devenir célèbre sans passer à la radio, sans donner de concerts officiels, grâce au samizdat (diffusion clandestine de poèmes dactylographiés) et au magnizdat (diffusion clandestine de bandes magnétiques), que le pouvoir n’a pas réussi à écraser.

Régulièrement, le poids de l’appareil d’état pesait sur les écrivains et les poètes, mais le long processus de libéralisation était néanmoins entamé. Okoudjava a été critiqué dans la presse pour son pessimisme, son pacifisme, son antimilitarisme. En 1972, il a été exclu de l’Union des écrivains, pour une attitude contraire à l’esprit de parti, parce qu’il n’avait pas voulu porter un jugement sur la publication de certaines de ses oeuvres dans la presse occidentale.

Néanmoins, le processus engagé allait poursuivre inéluctablement son chemin. La littérature devenait de plus en plus l’affaire des écrivains et des poètes, et non celle de l’état. La poésie de ces jeunes auteurs du dégel s’est développée dans les caves, sous les étages de l’optimisme stalinien. S’ils ont moins d’illusions, ils sont porteurs d’un immense espoir et sont responsables, avec les écrivains de cette époque, des changements intervenus par la suite.

Ils prônent le droit aux valeurs authentiques, qui ne peut s’exprimer que dans un contexte de liberté individuelle. On peut dire qu’ils se rapprochent des valeurs de la civilisation chrétienne occidentale (humanisme, dignité humaine, liberté), et rejoignent en cela les valeurs d’un fonds culturel européen.



Témoignage de Sveta 1

В 60х годах началось это движение и повальное увлечение новыми молодыми поэтами. Среди них были Евгений Евтушенко, Андрей Вознесенский, Бэлла Ахмадулина, и, конечно Булат Окуджава.

Тем более, что последний не только писал стихи, но и музыку, и сам исполнял свои песни. Они все пятеро (были и другие) выступали в Политехническом музее ; это было известное место встречи с поэтами. Попасть туда было очень трудно ; так много было поклонников. Летом они выступали в парках и на других эстрадах, а ещё на площади Маяковского, перед памятником Маяковскому. И это происходило до глубокой ночи. Все любили их, но у каждого был свой любимый поэт.

Я думаю, что Окуджава был самым популярным. Все его стихи, даже лирические, всегда имеют подтекст, скрытый смысл, они бывали очень острые, били в цель, и власти не любили это, и он был почти запрещён, как, например, Владимир Высоцкий. Это называлось "гражданственность". То есть он не был равнодушным наблюдателем, а как бы боролся своими стихами и песнями со старым режимом.

А его стихи и песни о любви, о женщине, природе, о Москве очень талантливы, текст неподражаем.

Стихи таких поэтов, изданные тайно, самиздатом, шли сначала за границей. Но вот теперь стало возможно всё.


C’est dans les années 60 qu’a commencé ce mouvement, cet engouement général pour ces nouveaux jeunes poètes. Parmi eux, il y avait Evgenij Evtusenko, Andrej Vosnesenskij, Robert Rozdestvenskij, Bella Ahmadulina, et bien sûr Bulat Okudjava.

En outre, ce dernier n’écrivait pas seulement ses vers, mais aussi la musique, et interprétait lui-même ses chansons. Tous les cinq (il y en avait d’autres) se produisaient au Musée Polytechnique ; c’était un endroit connu de rencontre avec les poètes. Il était très difficile d’avoir une place ; il y avait tant d’admirateurs ! L’été, ils se produisaient dans des parcs et sur d’autres estrades, et aussi sur la place Majakovskij, devant le monument de Majakovskij.


Et cela durait jusque tard dans la nuit. Nous les aimions tous, mais chacun avait son poète préféré.

Je pense qu’Okudjava était le plus populaire. Tous ses vers, même les vers lyriques avaient un sens caché, ils étaient très caustiques, allaient droit au but, et les autorités ne l’aimaient pas, il était presque interdit, comme par exemple Vladimir Visockij. Cela s’appelait « l’esprit civique ». C’est à dire qu’il n’était pas un observateur indifférent, il menait un combat avec ses vers et ses chansons contre l’ancien régime.

Et ses vers et ses chansons sur l’amour, la femme, la nature sont très réussis, le texte en est très beau.

Les vers de ces poètes, qui étaient édités en cachette, par le samizdat, ont paru d’abord à l’étranger. Mais maintenant ils sont édités normalement.


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