Art grec l’Apollon de Piombino, Musée du Louvre



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ART GREC
L’Apollon de Piombino, Musée du Louvre
L’Apollon de Piombino est un bronze grec d’une hauteur de 1 mètre 15 trouvé en 1832 près de Piombino (en Étrurie, face à l’île d’Ebbe). Cette célèbre statue fait partie de nos collections nationales depuis 1835, elle est conservée à Paris, au musée du Louvre au département des antiquités grecques. M. Ch. Panofka a le premier reconnu qu’elle représentait un Apollon (en 1834). De nombreux mémoires ont traité le sujet, notamment E. Gerhard en 1832, Raoul Rochette en 1833, A. de Ridder (Les bronzes antiques du Louvre) en 1913 jusqu'à K. A. Pfeiff (Apollon) en 1943.

L’Apollon de Piombino est une statue exécutée grâce à une technique spécifique, c’est-à-dire fondu à la cire perdue. La particularité essentielle du procédé grec classique, celle qui en assure la qualité unique, est que la fonte se fait sur le modèle même, c’est-à-dire sur un positif non pas sur un moule qui est négatif : le modèle ne sert qu’une fois, il est détruit après la fonte. Le sculpteur modèle en terre, sur une armature rigide, la figure qui formera le noyau de sa statue et qui doit être séché et peut-être cuit avant la seconde opération. Celle-ci consiste à recouvrir ce noyau modelé d’une couche de cire qui reçoit la forme définitive qui doit épouser le métal. La régularité de l’épaisseur est une garantie de l’homogénéité.


Cet Apollon est représenté entièrement nu, debout, d’une taille un peu inférieure à la grandeur naturelle (1 m. 15). L’épiderme est abîmé ; mais quoique la patine en ait disparu, la statue est assez bien conservée dans son ensemble.
Par sa position frontale, un pied en avant, la figure suit encore le schéma archaïque mais un léger assouplissement de toutes les parties, la jambe gauche un peu écartée vers l’extérieur, et l’inclinaison peu marquée de la tête indiquent que ce bronze se situe tout à fait au terme de l’évolution des jeunes gens archaïques grecs. L’unité sévère de la forme archaïque est même déjà dépassée. On suppose que le jeune homme tenait un animal ou une coupe d’offrande dans la main droite et dans la main gauche un arc et des flèches. Son torse est peu construit, sans un réel caractère athlétique, relativement large, aux épaules carrées et anguleuses et il se dresse sur des jambes longues et minces, un cou lourd supporte la tête délicate, assez juvénile et gracieuse, d'un jeune homme à l’expression rêveuse. Les cheveux encadrent le visage des deux rangs de petites boucles roulées avec symétrie, par derrière, ils sont en partie relevés par un lien qui se perd dans l’épaisseur des boucles du front. Le reste de la chevelure descend sur le cou et se termine par une rosette. Les yeux, qui étaient incrustés en argent (ainsi que l’indiquaient quelques parcelles de ce métal qui subsistaient encore lorsque la statue a été apportée au musée) sont entièrement vides. Les yeux étaient donc rapportés en une matière colorée. Les sourcils très incurvés qui partent de l’arrête nasale en un large arc, les lèvres molles, la pointe des seins et leur aréole étaient rapportés en cuivre. Sur le pied gauche, on peut remarquer les restes d’une dédicace en dialecte dorien conservée en lettres d’argent (la place de l’alignement des mots conserve encore la trace du burin qui a incisé le bronze). Les inscriptions qui sont gravées sur le socle ou sur le corps même n’indiquent pas toujours le sujet représenté : effectivement, ici l’Apollon porte sur le pied une dédicace à Athéna dont il n’était pas l’image. On pense ainsi que la statue a été offerte à Athéna en tant que dîme.
Un groupe important a été réuni autour de l’Apollon de Piombino. Cette statue, l’un des rares bronzes archaïques qui nous soient parvenus a été rapproché avec vraisemblance d’une œuvre célèbre de Canachos de Sicyone, l’Apollon Philésios du Didymeion de Milet portant un cerf posé sur la main droite et un arc de la main gauche. On repère une analogie du geste et de l’attitude avec la statue du Louvre. Dérivé du Philésios, l’Apollon de Piombino n’en est cependant pas une réplique : la douceur un peu molle du modelé et le charme efféminé du visage trahissent un goût plus éclectique. De même, le Poséidon de bronze découvert à Creusis, appartient à la même lignée et ses dimensions sont à peu de choses près celle de l’Apollon de Piombino (1 m. 18 et 1 m. 15). Or ces deux grands bronzes s’apparentent nettement à l’Hermès criophore de Boston qui est attribué à l’atelier de Sicyone : nous retrouvons les mêmes caractères essentiels : netteté du contour, volonté d’équilibre dans l’attitude et les proportions, persistance de la symétrie frontale, immobilité, régularité.
Un point important de l’état civil de l’Apollon de Piombino, qui est la date de sa production, reste imprécis. En effet, depuis sa découverte en 1832, la statue a divisé les spécialistes. L’œuvre rappelle par son attitude encore conventionnelle et certaines maladresses sensibles notamment dans la disposition des bras et des jambes par rapport au torse, les Kouroi de la fin de la période archaïque. Mais la souplesse du modelé du dos, le traitement sec et inorganique de la chevelure à l’arrière, la forme des lettres de l’inscription, le principe inhabituel de la dédicace d’une effigie divine à une autre divinité conduisent à la notion de pastiche archaïsant. On a d’abord songé à une création de la deuxième moitié du Vème siècle avant J. C et évoqué la production d’un atelier d’Italie méridionale mais la mise au jour en 1977 dans la villa de C. Julius Polybius à Pompéi, d’une statue très proche, tant par les dimensions que par le style, corrobore l’hypothèse aujourd’hui largement admise d’une œuvre élaborée pour une clientèle romaine. La date de création peut-être précisée grâce à un indice, longtemps contesté lors de la restauration de la statue en 1842, il avait été fait mention de la découverte, à l’intérieur de l’œuvre d’une tablette inscrite, en plomb, très vite perdue mais qui avait été toutefois lue et sur laquelle se trouvaient inscrits les noms mutilés de deux sculpteurs, l’un de Rhodes et l’autre de Tyr, dont l’activité était au 1er siècle avant J.C. Les auteurs de ce pastiche auraient ainsi dissimulé leurs signatures à l’intérieur du bronze. L’Apollon de Piombino reste donc un cas difficile dans la précision de sa datation.
Avec l’Apollon de Piombino, c’est avant tout un équilibre qui est exprimé dans un style éclectique ou le sérieux préclassique du visage contraste avec le raffinement de la coiffure et la souplesse un peu molle du modelé du corps. C’est pourquoi, même si la date est discutée, on pense à un pastiche archaïsant du 1er siècle avant J.C.
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