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Eschyle

Pascal

Steinbeck




Voir ci-dessous

Prévarication ordinaire, fgt 71/38.

Une justice esclave et maîtresse de l’imagination : 82/44 : « l’affection ou la haine change la justice de face. Et combien un avocat bien payé par avance trouve-t-il plus juste la cause qu’il plaide !  Combien son geste hardi le fait-il paraître meilleur aux juges, dupés par cette apparence ! […] Nos magistrats ont bien connu ce mystère. Leurs robes rouges, leurs hermines, dont ils s’emmaillotent en chats fourrés, les palais où ils jugent, les fleurs de lis, tout cet appareil auguste était fort nécessaire  […] L’imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice, et le bonheur, qui est le tout du monde ».



La libération sur parole 159

L’oncle John s’auto-châtie en marge de l’institution judiciaire 98, 387-389.

L’utilité de la prison mise en question : 79-80, 108-109.
La refondation spontanée d’une institution judiciaire intra et interfamiliale : 272 (« Les règles devenaient des lois […], et, avec les lois, les châtiments »), matriarcat 595.
Les circonstances atténuantes : 40, 52 (« un h. blessé peut faire mal à ceux qu’il aime »).




Extension Case 8 : Eschyle
Le droit “érynique” :

Si les deux tragédies exposent un conflit de compétence entre des instances jugeantes surnaturelles (à peu près : Athéna/Apollon contre Erynies), c’est qu’une certaine compétence “minimum” est reconnue à chacune de ces instances. Les Erynies d’ailleurs ne sont pas sans honneur, elles le ressassent assez. C’est-à-dire que leur droit à juger est réel, même s’il emprunte des formes disons... frustes, et même s’il rencontre de fortes oppositions dans la mutation générale que décrit Eschyle. Comme des chiens de chasse, elles s’acharnent contre ceux qui ont tué dans leur lignée “le sang maternel me conduit” (Eu, 230), “suivons la piste du sang, goutte après goutte” [le Choryhée-Erynie veut à la fois verser le sang d’Oreste et venger celui de Clytemnestre]. Cette spécialisation est une invention d’Eschyle, pour les Euménides (Eu, p. 70, n. 1) : il voit en elles la justice vindicatoire du genos pré-politique.



Le Talion archaïque : Ch. 307-314 (Coryphée) : « Le mot de haine, qu’il soit payé d’un mot de haine, voilà ce que proclame la Justice » et Ch. 400-401 (Coryphée). Ainsi, dans la pensée archaïque, la vengeance est-elle Justice, ou du moins la Justice est-elle vindicatoire. “Qu’il soit payé” : plus qu’ne image facile, c’est ici la marque du régime de la dette, sous lequel vivent les sociétés archaïques (t les nôtres... mais sous une autre forme) nCette conception semble partagée par les Erynies et par Apollon.”

Apollon, vindicatoire ou arbitral ?

Apollon ordonne une vengeance, et lui donne donc la caution de sa justice, qui est donc encore une justice vindicatoire : Oreste le rappelle en Ch. 269-273 “Non, Loxias ne me trahira pas, lui dont le puissant oracle m’ordonnait d’aborder ce péril à grand cris”, et en 1027-1033, et Apollon lui-même en Eu. 203 : « Mon oracle a prescrit de venger le père » : Oreste, à nouveau “Loxias en prit sa part, car il fut mon complice, et sa voix me perçait le cœur en prédisant ce qu’il m’en coûterait de ne pas sévir jusqu’au bout” (Eu, 465-469). Une vengeance qui a la caution des Dieux ne relève plus de la pulsion vindicative déchaînée, et de ce fait se rapproche de la justice. Mais pas d’une justice irénique : Apollon est le premier à réinvestir de contenus guerriers les étapes de la procédure : « Nous avons déjà décoché toutes nos flèches, mais j’attends le verdict qui va décider de la lutte » (Eu., 676-677).


L’opposition "Vengeance vs. Justice" :

D’après ce qui précède, cette opposition serait donc factice ? Pourtant, elle se profile assez nettement dans certains discours des personnages de nos deux tragédies.

« Envoie donc la justice, ou laisse-nous les prendre aux mêmes prises » Ch. 497.


  • Vengeance personnelle du Justicier : mise en balance avec la justice du juge Ch. 120 ÉLECTRE : “Est-ce un juge, un justicier que tu veux dire ?” ; appelée par Electre Ch. 144-145 : “Que paraisse ton vengeur, que sa justice mette à mort tes meurtriers” ; talion Ch. 274-275 ORESTE : “[...] si je ne les traitais tout comme ils ont traité mon père, rendant meurtre pour meurtre, 309-310 ; « Arès contre Arès1 » Ch. 461.

  • Châtiment dans les formes judiciaires : mise en balance avec la vengeance du justicier (voir ci-dessus Ch. 120) ; « Droit contre droit2 » Ch. 461 + toutes les allusions aux personnifications mythologiques de la justice : cf. infra III, 1.


L’avènement de la justice arbitrale :

Athéna fonde l’Aréopage, Eu. p. 91 sq.

Oreste, avocat de lui-même, produit une « pièce à conviction » (cf. toute la p. 54).

La démonstration de justice d’Athéna : “injurier autrui en l’absence de tout grief, le droit et la justice s’y opposent” (Eu, 413-414) ; puis elle fait valoir des circonstances atténuantes (ce qu’ignore la justice vindicatoire) : “[il a tué] par contrainte, ou craignant un puissant courroux ? ” Eu, 426)


Donc, les Erynies, sont, tout comme Apollon, des tenantes de la justice vindicatoire. Ce qui distingue les Furies, c’est qu’ elles en tiennent pour les mères, alors qu’Apollon en tient pour les pères. La justice vindicatoire des Erynies est bien une justice, et non une pure vengeance. Ce n’est qu’après avoir été déboutées qu’elles se montrent d’étroites et immédiates vengeresses (d’elles-mêmes, seulement). Elles finiraient (n’était Athéna) par sombrer dans la vengeance brutale : elles lancent de terribles malédictions sur Athènes (Eu., 780-790).
Ce qu’il faut retenir : la Polis ayant établi la justice arbitrale parce que la justice vindicatoire n’est plus techniquement possible (voir cours), elle a naturellement tendance à dévaloriser cette forme caduque de justice (la vindicatoire). Cette dévalorisation prend la forme d’une stigmatisation de la vengeance.


1 Comprenons pour le moment : « Violence contre violence ». Mais on peut aussi mettre cette expression avec « le double Arès » de Ch. 938. «Arès contre Arès » serait alors à comprendre comme « Arès sur Arès » (idée de surenchère dans le châtiment des crimes de sang, qui sera bientôt la fonction de la l’Aréopage).

2 Comprenons pour le moment : « Droit restauré contre droit lésé ».


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