Variation du regime alimentaire des males et des femelles de schistocerca gregaria (acrididae, cyrtacantacridinae) dans le sahara centrale d’algerie




Yüklə 38.02 Kb.
tarix21.04.2016
ölçüsü38.02 Kb.



Actes du Séminaire International sur la Biodiversité Faunistique en Zones Arides et Semi-arides

Université Kasdi Merbah Ouargla



VARIATION DU REGIME ALIMENTAIRE DES MALES ET DES FEMELLES DE SCHISTOCERCA GREGARIA (ACRIDIDAE, CYRTACANTACRIDINAE) DANS LE SAHARA CENTRALE D’ALGERIE
Yasmina KHERBOUCHE1, Makhlouf SEKOUR1 & Bahia DOUMANDJI-MITICHE2

1Département des sciences agronomiques, Univ. Ouargla

2 Département de zoologie agricole et forrestière, ENSA, El Harrach


RÉSUMÉ : Suite à l’invasion du Criquet pèlerin qu’a connue l’Algérie en février 2004 et aux recrudescences qui l’ont suivie, nous avons jugé utile d’effectuer une étude du régime alimentaire de cette espèce dans différentes régions du Sahara algérien. L’étude du régime alimentaire est réalisée dans deux stations Boudda et Baâmar situées à Adrar (0° 11’E.; 27° 49’N.) à 1543 km au sud d’Alger. Le choix de la région est justifié par les manifestations permanentes de cette espèce due à la présence des pivots. Dans la station de Boudda (une palmeraie située à 20 km de la ville d’Adrar), nous avons noté la présence de cinq espèces végétales identifiées dans les fèces des mâles (n = 15) et des femelles (n = 10). Phoenix dactylifera est l’espèce la plus appréciée avec (62,86 %) chez les mâles et chez les femelles (62,05 %). La deuxième espèce consommée est Arundo plinii (Poaceae) avec un taux de 27,14 % pour les mâles et de 32,55 % pour les femelles. Les espèces Arachis hypogea (Fabaceae), Mentha specata (Labiae) et Punica granatum (Punicaceae) sont peu consommées. Dans la station de Baâmar (micro-parcelle à vocation maraîchère et céréalière située à 45 km au Sud-Est de la ville d’Adrar), six espèces végétales sont identifiées dans les fèces des femelles (n = 14) et quatre dans celles des mâles (n = 15). Les espèces végétales les plus consommées chez les femelles sont Arundo donax avec 57,18 %, Solsola vermiculata (Chenopodiaceae) avec 12,94 % et Lycopersicum esculentum (Solanaceae) avec 11,93 %. Par contre chez les mâles, Arundo donax occupe la première place du spectre alimentaire (83,53 %). Il est suivi par Solsola vermiculata (8,42 %) et Phoenix dactylifera (7,62 %). MOTS CLÉS : Criquet pèlerin, mâles, femelles, régime alimentaire, oasis algériennes.
ABSTRACT : Following the invasion of the Locust pilgrim which Algeria in February 2004 and with the recrudescences knew which followed it, we considered to be useful to carry out a study of the food mode of this species in various areas of the Algerian Sahara. The study of the food mode is carried out in two stations Boudda and Baâmar located at Adrar (0° 11 ‘ E.; 27° 49 ‘ NR.) to 1543 km in the south of Algiers. The choice of the area is justified by the permanent demonstrations of this species due to the presence of the pivots. In the station of Boudda (a palm plantation located at 20 km of the town of Adrar), we noted the presence of five plant species identified in deposit of the males (N = 15) and of the females (N = 10). Phoenix dactylifera is the species most appreciated with (62.86%) in the males and the females (62.05%). The second consumed species is Arundo plinii (Poaceae) with a rate of 27.14% for the males and 32.55% for the females. The species Arachis ypogeal (Fabaceae), Mentha specata (Labiae) and Punica granatum (Punicaceae) are consumed little. In the station of Baâmar (microphone-piece with market-gardening and cereal vocation located at 45 km in the South-east of the town of Adrar), six plant species are identified in deposit from the females (N = 14) and four in those of the males (N = 15). The plant species most consumed in the females are Arundo donax with 57.18%, Solsola vermiculata (Chenopodiaceae) with 12.94% and Lycopersicum esculentum (Solanaceae) with 11.93%. On the other hand in the males, Arundo donax occupies the first place of the food spectrum (83.53%). It is followed by Solsola vermiculata (8.42%) and Phoenix dactylifera (7.62%).

KEYWORDS: Locust pilgrim, males, females, food mode, Algerian oases
1. INTRODUCTION

La croissance sans cesse de la population mondiale demande à l’agriculture des quantités d’alimentation, de plus en plus grandes. Dans beaucoup de régions d’Afrique et d’Asie notamment, la sécurité alimentaire repose essentiellement sur la protection des cultures. Ces dernières font l’objet d’attaques endémiques par les acridiens, en l’occurrence les sauteriaux et les locustes, qui sont bien connus pour leur capacité à envahir les champs par myriades et à dévaster les cultures sur leurs passages (Saizonou 2000). Parmi ces locustes, le Criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Forskâl, 1775) est généralement perçu comme le fléau acridien apocalyptique par excellence. Lorsqu’il apparaît sous sa forme grégaire, on peut parler de catastrophe écologique mobile. Les pays envahis au cours de la progression des essaims peuvent subir de graves préjudices (F.A.O. 1969). Le criquet pèlerin, est une espèce migratrice dont les ravages s’étendent à la majorité des pays arides et semi-arides de la côte occidentale de l’Afrique à l’Inde (Duranton et Lecoq 1990). L’Afrique du Nord constitue pour cette espèce un habitat temporaire où ses vols viennent s’abattre en période d’invasion, après un parcours de plusieurs milliers de kilomètres. Le Sahara algérien fait partie des zones de dispersion et de reproduction de ce criquet aussi bien en période de rémission qu’en période d’invasion (Popov et al. 1991).

Cet acridien a attiré notre attention pour une étude bioècologique et entre autre pour l’étude des indices morphométriques qui nous permettent de préciser le statut phasaire des insectes collectés et le régime alimentaire de ces derniers. C’est dans ce cadre et suite à l’invasion qu’a connue l’Algérie en février 2004 et aux recrudescences qui l’ont suivie, que nous avons effectué ce travail dans différentes régions du Sahara algérien.
2. PRÉSENTATION DE LA RÉGION D’ÉTUDE

La région d’Adrar se situe dans le Sahara central au Sud-Ouest d’Alger (0° 11’ E. ; 27° 49’ N.) (Fig. 1). Elle est distante d’environ 1.543 km de la capitale sur une altitude de 279 m. Cette région couvre une superficie de 427.971 km2 soit 19.97 % du territoire national (Dubost, 2002). La Wilaya d’Adrar est composée de 28 communes regroupées en 11 dairates, Adrar, Fenoughil, Aoulef, Reggane, Timimoun, Zaouiet Kounta, Tsabit, Aougrout, Charouine, Timerkouk, et Bordj Badji-Moukhtar. D’un point de vue géographique, cette wilaya comprend trois principales régions qui sont : Le Gourara, le Touat et le Tidikelt d’Aoulef. Notre travail s’est déroulé dans la ville d’Adrar qui est la plus importante du Touat. Cette dernière est limitée au Nord par le Gourara et le Grand Erg occidental, au Sud par le plateau Tanezrouft, à l’Est par le plateau de Tademait, véritable hamada, et par l’Erg Chech à l’Ouest (Dubost, 2002).


Fig. 1 : Carte géographique de la région d’étude


3. MATÉRIELS ET METHODES


Les individus du Criquet pèlerin pris en considération lors de notre étude morphométrique ont été capturés entre le mois d’ avril 2004 et janvier 2005 dans différentes régions du Sahara algérien à savoir la région de Laghouat, Biskra, Djelfa, Adrar, Oued Souf et Tougourt.

Concernant le régime alimentaire, notre choix a porté sur deux stations Baâmar et Boudda situées à Adrar (0°11’E. ; 27° 49’N.) à 1543km d’Alger vue les manifestations permanentes du criquet pèlerin engendrées par la présence des pivots dans cette région.


3.1. Etude d’épédermothèque de référence

La méthode consiste à échantillonner sur terrain les plantes qui sont disponibles et les biens préservés. Au laboratoire, une épidermothèque de référence est réalisée (Fig. 2) et qui servira par comparaison à déterminer les fragments végétaux retrouvés dans les préparations des fèces. Il est à prendre en considération toutes les parties ariennes de la plante à savoir tiges, feuilles et fruits pour la réalisation de l’épidemothèque.


3.2. Etude du régime alimentaire

La méthode consiste à échantillonner sur terrain des individus de S. gregaria pour récupérer leurs fèces à fin de les comparées avec les échantillons de épidermothèque de référence.

Pour le calcul de la surface ingérée et du taux de consommation, nous adoptons la méthode de fenêtre proposée par Doumandji et al. (1993). Son principe consiste à découper sur un papier millimètre une petite "fenêtre" 1 mm2 de surface et de la coller sur le plateau du microscope optique, de manière à ce que la fenêtre soit centrée dans le champ optique. La lame préparée est placée à son bout au niveau du carré et on la fait glisser verticalement mm par mm et colonne par colonne en balayant ainsi toute sa surface. Le taux de consommation est calculé à partir des formules suivantes :
n

Ss =  xi ----------

n'
Ss est la surface ingérée d'une espèce végétale donnée calculée pour un individu après correction.

xi est la surface des fragments végétaux, représentant une espèce végétale donnée avant correction.

n’ est la surface balayée (somme des carrés vides et pleins).

n est la surface de la lamelle.


 Ss


S = ------------

N

S est la surface totale moyenne d’une espèce végétale consommée.



N est le nombre d’individus pris en considération.

S

T.C. = ----------- x100



 S

T.C. est le taux de consommation pour une espèce végétale donnée.

 S est la somme des surfaces moyennes des végétaux rejetés par individu (toutes espèces végétales confondues).
RESULTATS

Les résultats obtenus concernant les taux de consommation des espèces végétales retrouvées dans les fèces de S. gregaria sont portés sur les figures 3 à 6.


Nous constatons qu’à Boudda, cinq espèces végétales sont consommées aussi bien par les mâles que par les femelles du criquet pèlerin. Phoenix dactylifera (Arecaceae) est l’espèce la plus appréciée avec 62.86% chez les mâles (n=15) et 61,96% chez les femelles (n=10). La deuxième espèce consommée est Arundo plinii (Poaceae) avec un taux de 27,14% pour les mâles et de 32,65% pour les femelles. Pour l’espèce Arachis hypogea (Fabaceae), elle est plus appréciée par les mâles 7,13% que par les femelles 1,71%. Punica granatum (Punicaceae) et Mentha specata (Labiae) sont également consommées mais avec des taux faibles.





Dans la région de Baâmar neuf espèces sont identifiées dans les fèces des femelles (n=15) et quatre dans ceux des mâles (n=15). Arundo plinii (Poaceae) est la plus consommée aussi bien par les mâles (83,53%) que par les femelles (59,52%) puis vient Solsola vemreculata (Chenopodiaceae) avec 8,42% pour les mâles et 11 ,81% pour les femelles. Lycopersicum esculentum (Solanaceae) n’a été consommé que par les femelles (10,48%). L’espèce végétale la moins appréciée par les deux sexes est Allium cepa (Liliacées).

4. DISCUSSIONS


Pour l’étude du régime alimentaire de S. gregaria en phase grégaire, nos résultats révèlent un régime très varié appartenant à 8 familles différentes (Arecaceae, Poaceae, Fabaceae, Punicaceae, Labiae, Chenopodiaceae, Solanaceae, Liliaceae). Les espèces végétales les plus appréciées sont Phoenix dactylifera et Arundo plinii avec des taux de consommation très élevés.

D’après Doumandji- Mitiche et al. (1996b), Kara (1997), Khider (1999), les graminées constituent une ressource trophique fondamentale du régime alimentaire du criquet pèlerin en état solitaire, c’est une espèce sténophage à régime alimentaire mixte à tendance graminivore (Ould El Hadj 2004). Par contre en phase grégaire le régime alimentaire de la sauterelle pèlerine est très varié et les taux de consommations de certaines espèces végétales sont très élevés. Cela peut être dû aux besoins énergétiques de cette espèce qui sont très élevés pendant la phase grégaire vu leurs déplacements et leurs mouvements continus. Dans son environnement l’insecte doit sélectionner les aliments nécessaires à ses fonctions physiologiques. Instinctivement, il augmente ou diminue sa prise alimentaire pour maintenir constant son poids en fonction de ses réserves. Bien d’autres facteurs interviennent dans le comportement alimentaire tel que la couleur, l’odeur, mais surtout la faim. Tous ces paramètres conditionnent la sélection de tel ou tel aliment (Decerier et al. 1982).

Selon Louveaux et al. (1983) la valeur énergétique globale  est un élément d'appréciation de la qualité de l'aliment. Car cette alimentation doit contenir tous les éléments nutritifs comme les protéines, les lipides, les sucres, les vitamines et les sels minéraux nécessaires aux fonctions physiologiques (Hunter-Jones 1961; Toubert 1981).

5. CONCLUSION


L’étude du régime alimentaire par examen des débris végétaux contenus dans les fèces des individus de Schistocerca gregaria capturés (en état grégaire) dans deux stations différentes Baamar et Boudda situées à Adrar; nous a permis de connaître ses préférences alimentaires.

Dans la station de Boudda Phoenix dactylifera est l’espèce végétale la plus consommée aussi bien par les mâles que par les femelles, Arundo plinii est également appréciée par les deux sexes, par contre Mentha specata se trouve la moins appréciée.

Dans la station de Baamar le criquet pèlerin présente une préférence alimentaire pour Arundo plinii aussi bien par les mâles que par les femelles. Allium cepa s’avère l’espèce végétale la moins appréciée.

RÉFÉRENCES


[1] Decerier M., Escalier J., Girard L., Martin J., Noars P., Teyssier F. & Thomas R. 1982. Biologie-géologie. Ed. Fernand Nathan, Paris, ‘’1ère collection J. Escalier’’, 291 p.

[2] Doumandji S., Doumandji-Mitiche B., Benzara A. & Tarai N. 1993. Méthode de la fenêtre proposée pour quantifier la prise de nourriture par les criquets. L’entomologiste, T. 49 (5) : 213 - 215.

[3] Doumandji-Mitiche B., Doumandji S., Seddik A. & Ouchen D. 1996a. Comparaison des indices morphométriques de la sauterelle pèlerine Schistocerca gregaria Forskal, 1775 à Adrar et à Tamanrasset (Sahara, Algérie) en 1995. Med. Fac. Landbouww, Univ. Gent, 61/3a : 777-780.

[4] Doumandji-Mitiche B., Doumandji S., Kara F.Z., Ouchen D. & Mehenni M. 1996b. Comparaison du régime alimentaire de la sauterelle pèlerin Schistocerca gregaria à Adrar et Tamanrasset (Sahara, Algérie). Med. Fac. Landbouww, Univ. Gent, 61/3a : 745-750.

[5] Duranton J.F. & Lecoq M. 1990. Le criquet pèlerin au Sahel. Ed. Cirad/Prifas, Montpellier, Coll. Acrid. Opér., n° 6, 183 p.

[6] F.A.O. 1969. Manuel antiacridien. Ed. Food agricultural organisation, Rome, 164 p.

[7] Ghaout S. 1990. Contribution à l’étude des ressources trophiques de Schistocerca gregaria (Forskal, 1775) (Orthoptera, Acrididae) solitaire en Mauritanie occidentale et télédétection de ses biotopes par satellite. Thèse Doct. ès sciences, Univ. Paris XI, Orsay, 241p.

[8] Hunter-Jones P. 1961. Elevage et reproduction des criquets au laboratoire. Ed. Anti-locust research center, Londres, 23 p.

[9] Kara F. Z. 1997. Etude de quelques aspects écologiques et régime alimentaire de Schistocerca gregaria (Orthoptera, Cyrtacanthacridinae) dans la région d’Adrar et en conditions contrôlées. Thèse magister sc. agro., Inst. nat. agro., El Harrach, 182p.

[10] Khider  B.1999. Biométrie et régime alimentaire et répartition des zones de reproduction du criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Forskal, 1775) (Orthoptera, Cyrtacanthacridinae), au sud Algérien. Thèse magister agro., Inst. nat. agro., El-Harrach, 142p.

[11] Louveaux A., Minguet A. M. & Gillon Y. 1983. Recherche de la signification des différences en valeur nutritive observée entre feuilles de blé jeunes et âgées chez Locusta migratoria (R. et F.) (Orthoptera, Acrididae). Bull. Soc. zool., T. 108, (3): 453 - 465.

[12] Ould El Hadj M.D. 2004. Le problème acridien au Sahara Algérien. Thèse Doctorat d’Etat, Inst. nat. agro., El Harrach, 279p.

[13] Popov G. B., Duranton J. F. & Gigault J. 1991. Etude écologique des biotopes du Criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Forskal, 1775) en Afrique du Nord-Occidental. Ed. Cirad-Prifas, Montpellier, Coll. ‘’ les Acridiens’’, 743 p.

[14] Saizonou 2000. Lubilosa et lutte biologique contre les acridiens. Agriculture, hors série, (1) : 3 – 17.



[15] Toubert F. 1981. Evolution de la composition corporelle en azote et en acides aminés du criquet pèlerin Schistocerca gregaria (Orthoptera, Acrididae) au cours de son développement. Ann. soc. ent., Vol. 17 (1) : 125 - 130.



Régime alimentaire du Criquet pèlerin 3


Verilənlər bazası müəlliflik hüququ ilə müdafiə olunur ©azrefs.org 2016
rəhbərliyinə müraciət

    Ana səhifə