De l’idée d’histoire naturelle à celle d’évolution : quelques contributions philosophiques majeures




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En conclusion
La « révolution » darwinienne, si une telle formulation accuse quelque pertinence, ce qui reste à voir, ne saurait se chercher, se trouver dans des champs autres que celui de la biologie. Spencer ne révolutionne pas la philosophie, ni même la sociologie encore débutante. Il reste, d’ailleurs, difficile d’évoquer un apport révolutionnaire de disciplines telles que la sociobiologie (cf. critique foucaldienne de la sociobiologie). Il est intéresant, en revanche, d’admettre une résonance pertinente de l’idée de révolution scientifique, en tant que l’on a bien affaire à une lecture du vivant qui, non contente de transformer considérablement les représentations du vivant et de la nature, ainsi que de la place de l’homme en son sein, trouve, au-delà des travaux de Darwin, une extension positive à des usages dans d’autres sciences. Une seule évocation, brève, va conclure cette réflexion sur l’idée d’évolution, son histoire et son devenir : celui du concept de pathocénose, terme, forgé sur celui de biocénose, et qui désigne l'état d'équilibre des maladies à un moment donné de l'histoire, dans une société donnée. L'idée directrice de ce concept, inventé par l’historien de la médecine Mirko Grmek énonce que les maladies (leur incidence, leur virulence) sont interdépendantes, et s’inscrivent dans la prise en compte d’une histoire dynamique exprimée par des événements comme la disparition d’une maladie laissant la place à l’apparition d’une nouvelle, etc. Il devient pertinent, ainsi, de se pencher sur l’usage d’outils issus du darwinisme dans les travaux d’épidémiologie contemporaine (par exemple, sur l’évolution des maladies infectieuses, comment le paludisme d’aujourd’hui se différencie-t-il des formes anciennes qui affectaient, par exemple, une bonne partie de l’Europe…). Il existe ainsi, aujourd’hui, une médecine évolutionniste, qui cherche à « réconcilier médecine et évolution biologique et de contribuer à la promotion de ce type d’enseignement »28, fondée sur les travaux d’épidémiologie les plus récents.

1 1876, chap.15

2 Pensées philosophiques sur l’interprétation de la nature, 1753, XII.

3 Rendant hommage à un autre auteur prestigieux auteur d’aphorismes, Hermann Boerhaave

4 Jean-Nicolas Corvisart, À mon ami le preux, in Maximilien Stoll, Aphorismes sur la connaissance et la curation des fièvres, ouvrage traduit par Corvisart, Paris, 1797, p.viij. M. Stoll était professeur de médecine clinique à Vienne.

5 Pour une histoire des sciences à part entière, Albin Michel, 1995.

6 Vol.II, p.341, col.1.

7 Histoire naturelle, générale et particulière, Par M. le Comte de Buffon, Intendant du Jardin du Roi, de l’Académie Françoise, de celle des Sciences, etc. Supplément, Tome Cinquième, à Paris, de l’imprimerie royale

8 Plante herbacée vivace à souche rhizomateuse de la famille des Scrophulariaceae (classification classique) ou des Plantaginaceae (classification phylogénétique).

9 Relevé dans René Taton, La science moderne de 1450 à 1800, Quadrige PUF, 1995, propos sans doute postérieur aux Fundemaneta Botanica (1736), il est mort en 1778.

10 Buffon, Histoire naturelle générale et particulière, avec la description du cabinet du Roi, Amsterdam, 1770Tome XIV. De la dégénération des animaux.

11 La théorie physique, I, i, 1

12 Aristote, De la génération des animaux, texte établi et traduit par Pierre Louis, Les Belles Lettres, Paris, 1961Livre I, Théories diverses.

13 Malebranche, De la recherche de la vérité, éd. de 1772, livre I. chap.VI. Des erreurs de la vue à l’égard de l’étendue en soi

14 Encyclopédie, VII, 646

15 La recherche de la vérité, 1674, I, vi, §1

16 « Dans l'idée de l'emboîtement, tous les êtres sont contemporains […] Le parent n'engendre pas son descendant qui ne dérive pas de lui. Tous les individus sont frères ; tous sont aussi vieux, aussi anciens les uns que les autres. Tous ils furent créés simultanément, en bloc, ne différant que par la taille et l'ordre de l'emboîtement. La première femme contenait en elle non seulement toute la population qui jusqu'à présent occupa la Terre et toute celle qui à l'avenir l'occupera, mais encore la multitude virtuelle des individus qui ne naquirent pas », Jean Rostand, La formation de l'être, 1930.

17 Kant, Critique de la Faculté de juger, 1790, Critique de la faculté téléologique, méthodologie, §81.

18 Terme qui vient du vocabulaire scolastique ; idée que chaque événement, phénomène qui se produit dans la nature, même inexpliqué et inexplicable aux yeux des hommes, renvoie à une loi ; or toute loi, outre la cause nécessaire, première et fondamentale (Dieu…) possède une cause occasionnelle (dite également secondaire ou, terme + ambigu naturelle), qui est une cause apparente, impulsion permettant la concrétisation de cette loi dans les différentes situations particulières ; l’occasionalisme est donc un argument qui milite en faveur de l’idée d’une nécessité intrinsèque aux lois ( ordre divin) tout en les conciliant avec les modalités de leur réalisation dans les cas particuliers ; l’occasionalisme intervient ainsi comme argument dans toutes les discussions portant sur les exceptions, les prodiges de la nature (monstres, bâtards, etc…)

19 Prosper Lucas (1805-1885), médecin français : Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle dans les états de santé et de maladie du système nerveux, avec l'application méthodique des lois de la procréation au traitement général des affections dont elle est le principe ; ouvrage où la question est considérée dans ses rapports avec les lois primordiales, les théories de la génération, les causes déterminantes de la sexualité, les modifications acquises de la nature originelle des êtres, et les diverses formes de névropathie et d'aliénation mentale

20 L’on a aisni envie de considérer comme un paradoxe saisissant les découvertes paléontologiques de Cuvier et son inexorable défense d’une lecture fixiste de la nature.

21 Jean Gayon, L’hérédité des caractères acquis : histoire et origine d’un terme, communication donnée le 25 juin 1999 dans le cadre des séminaires consacrés à Lamarck, au REHSEIS. Cf. également le livre de Michel Delsol, L’hérédité des caractères acquis, PUF, 1998

22 L’Encyclopédie définit l’hérédité comme « le droit que le pourvû a de transmettre son office à ses héritiers successeurs ou ayant cause. », Heredite, vol. VIII, p.157, col.1., nous en profitons pour noter, dans cette même note, que le Littré intègrera les deux dimensions du terme « hérédité » : juridique et physiologique ; dans cette dernière acception, il exprime la « Condition organique qui fait que les manières d'être corporelles et mentales passent des ascendants aux descendants. ».

23 C. Darwin, L’origine des espèces, 1859, chap.XV.

24 Rêve de D’Alembert, IIe dialogue.

25 Premiers principes, chp.XVII.

26 Introduction à la science sociale, chp.XIV.

27 À noter, tout de même, que Darwin lui-même tire de Malthus des idées principielles efficientes dans son propre modèle d’explication de l’évolution des êtres vivants…

28 Cf. le tome 193 du Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, mai 2009, p.1147 à 1165.





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