Art of time and slack periods : cinematographical construction of time from Antonioni to Kiarostami




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Art of time and slack periods : cinematographical construction of time from Antonioni to Kiarostami

Philippe Huneman (Paris, CNRS)

Résumé

As it deals with a split inside the field of the visible – split between the seen and the unseen, between what I see and what a character sees – cinema is concerned with expectation, desire to discover the other part of the visible, and finally, at first degree, with time – hence it can be called an « art of time ». In a fiction movie, this time has to be articulated between time of the plot, and the two-hour-course of the movie. Making a film implies relating those multiple times, and encompassing those two dimensions.



Slack periods – periods in which, regarding the plot, nothing happens, for instance when the characters sleep or eat – are then given a specific role : the director chooses to show them or not. The role assigned to them is essential for the cinematographical construction of time. In that respect, the treatment of « travel » scenes (in cars, buses, etc.) is exemplary.

Following the steps of Antonioni – of whom we examine Professione : reporter – some modern directors give these slack periods a crucial place in a new layout that links together time of the plot, time of the actual feelings and time of the movie. While Jacques Rivette shows by these means the duration of the character’s thinking, and internalizes the moment of the crisis (Secret défense), Wim Wenders and Abbas Kiarostami (Alice in der Städten, The taste of the cherry), expanding the time by deepening the slack periods around the travel scenes, experience ways to create a link between characters outside the regular constituted time.

Dans la mesure où il traite d’un clivage essentiel au champ du visible – clivage entre le visible et l’invisible, entre ce que je vois et ce que le personnage voit – le cinéma a affaire avec l’attente, au désir de dévoiler l’autre côté du visible, et finalement, au premier chef, avec le temps ; par là, on peut l’appeler un « art du temps ». Dans un film de fiction, ce temps doit articuler le temps de l’intrigue, et les deux heures de la durée du film. Faire un film implique de lier ces temps multiples, afin que ces dimensions se recouvrent.

Les temps morts – périodes pendant lesquelles n’arrive rien qui concerne l’intrigue, par exemple lorsque les personnages dorment ou mangent – acquièrent alors un rôle spécifique : le réalisateur choisit de les montrer ou pas. Le rôle qu’ils jouent est essentiel pour la construction cinématographique du temps. A cet égard, le traitement des scènes de transport (en voiture, bus, etc.) s’avère paradigmatique.



Suivant les traces d’Antonioni – dont nous examinons Professione : reporter – certains réalisateurs modernes ont donné à ces temps mort une place centrale dans une nouvelle configuration qui coordonne temps de l’intrigue, temps des sentiments éprouvés et temps du film. Alors que Jacques Rivette montre par ces moyens la durée de la pensée du personnage, et intériorise le moment de la crise (Secret défense), Wim Wenders et Abbas Kiarostami (Alice in der Städten, Le goût de la cerise), dilatant le temps en approfondissent les temps morts autour des scènes de transport, expérimentent de nouveaux moyens de créer des liens entre les personnages en dehors du temps social ordinairement constitué.


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