1 adžubej (adjoubeï)2 Aleksej Ivanovič (1924-1993)




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MAKARENKO Anton Semënov (1888-1939)

Né à Belopol’e, dans la province de Kharkov (actuelle Ukraine) dans la famille d’un ouvrier (peintre dans des ateliers ferroviaires), il obtient à dix-sept ans (en 1905) le titre d’instituteur populaire et enseigne dans un « collège ferroviaire » pour adultes (de 1905 à 1914) ; puis il entreprend, à l’Institut d’enseignement de Poltava, des études supérieures qui lui permettent, après 1917, d’occuper différents postes dans l’administration de l’instruction publique. De 1920 à 1928, il dirige la colonie de travail « Maxime Gorki » pour garçons sans domicile (besprizornye) et délinquants, près de Poltava, puis, de 1927 à 1935, la Commune de travail des enfants qu’il a fondée dans la banlieue de Kharkov : ce sera l’objet de son ouvrage autobiographique Le poème pédagogique (Pedagogičeskaâ poèma), publié en 1935, et porté à l’écran en 1954. Si la majeure partie de son œuvre pratique et théorique porte sur la réhabilitation des jeunes délinquants, à partir de 1937, il théorise aussi les principes de l’éducation communiste en général, dans une langue très proche de celle du pouvoir, parlant de « l’homme nouveau dans une société nouvelle »140. Insistant sur la dynamique des groupes d’enfants, il met aussi l’accent sur la combinaison entre éducation et travail productif. Après sa mort, Anton Makarenko connaît une « seconde naissance », selon l’expression de Götz Hillig et Marianne Krüger-Portratz, en 1941-1942, lorsque les autorités en font, par la plume de plusieurs théoriciens et commentateurs, un véritable pédagogue officiel141. Parmi eux s’illustrent particulièrement Solomon Rives (1892-1953) et Boris Esipov, deux artisans des programmes scolaires expérimentaux des années vingt. Pourtant, quelques voix dissonantes se font alors entendre, parmi lesquelles celle de Pavel Šimbirëv, qui critique l’importance accordée à Makarenko dans la « pédagogie soviétique ».

Bien que cela ne soit qu’un des aspects de la définition léniniste remise au goût du jour au début des années cinquante, son nom est abondamment cité dans les discussions sur la « polytechnisation » de l’ère khrouchtchévienne ; l’instauration d’une « médaille pédagogique Makarenko » en Ukraine, en 1958, témoigne de la portée symbolique de son œuvre l’année même de la réforme initiée par Khrouchtchev. De nombreux acteurs de la politique scolaire des années 1950 citent ou évoquent ses travaux, qui font de lui le pédagogue le plus reconnu de notre période en URSS. Ils donnent lieu en effet à de nombreuses publications, dont les principales sont :


  • Travaux pédagogiques choisis. (Articles, conférences, discours), Moscou, Učpedgiz, 1946 sous la direction d’E.N. Medynskij et I.F. Svadkovskij

  • Œuvres pédagogiques. Travaux inédits, articles et sténogrammes des discours, Moscou, APN RSFSR, 1948 sous la direction d’E.N. Medynskij

  • Œuvres pédagogiques choisies. En quatre livres, Moscou, APN RSFSR, 1949 sous la direction d’Ivan Kairov et G.S. Makarenko

  • Œuvres complètes Moscou, APN RSFSR, sept tomes, 1950-1952 (1ère édition, 50 000 exemplaires) et 1957-1958 (2ème édition, 100 000 exemplaires, à 11 roubles le tome142) avec dans le comité éditorial Ivan Kairov et E.N. Medynskij.

Comme on le voit, les années 1940 et 1950 sont un moment d’intense activité éditoriale autour de Makarenko, surtout si on ajoute les travaux qui lui sont consacrés143. Son influence pourrait avoir débordé le seul domaine éducatif : d’après le chercheur biélorusse Youri Vavokhine, elle se serait étendue, jusqu'au début des années 1960, à la politique carcérale en URSS144.
MALENKOV Georgij Maksimilianovič (1901-1988)

La biographie de ce prétendant malheureux à la succession de Staline, victime des intrigues de Khrouchtchev et figure de premier plan du « groupe anti-Parti » de l’été 1957, est largement connue, et nous nous limiterons aux points de contact de ce parcours avec les réformes de l’enseignement des années cinquante. Né d’un père employé moscovite, il s’engage comme volontaire du côté des Rouges, servant de secrétaire à la cellule du Parti de sa brigade, et entre au Parti en 1920. Après la Guerre civile, il entame des études au prestigieux MVTU, mais les interrompt en 1925 et devient grâce à son épouse, Valeriâ Alekseevna Golubcova, employée de l’appareil du CC du Parti, secrétaire technique à l’Orgburo du CC, puis en 1926, secrétaire technique au Politburo, sous les ordres du secrétaire personnel de Staline, A. Poskrebyšev. En 1930, il est promu par Kaganovič chef de secteur au comité du Parti de Moscou ; il y orchestre la purge des « oppositionnels », puis devient, à la faveur du XVIIe Congrès, en 1934, chef du secteur des cadres du CC du Parti. Il se rapproche de Ejov, avec lequel il est envoyé en Biélorussie, en 1937, pour organiser la Terreur parmi les responsables de cette république ; en automne de la même année, il assiste Anastase Mikoïan dans les mêmes tâches en Arménie. Lors du XVIIIe Congrès du Parti, il est élu membre du CC, puis en mars 1939 secrétaire du CC. Parallèlement il est à nouveau à la tête de la Direction des cadres du CC du Parti. Pendant la guerre, il participe à la mobilisation de l’économie, puis dirige le Comité du démontage de l’industrie allemande, et devient membre du Politburo en 1946. Il est aussi l’un des nombreux chefs adjoints du gouvernement, de 1946 à 1953. C’est lui qui est chargé de mener la répression dans l’ancienne capitale du pays, lors de « l’affaire de Leningrad », en 1949. A la mort de Staline, il est pressenti comme le dauphin désigné, en concurrence avec Beria. Mais il choisit de prendre la tête du gouvernement, laissant la direction du Parti à Khrouchtchev. Ce dernier, une fois Beria éliminé, peut habilement organiser une campagne interne contre le premier ministre, sommé de présenter sa démission en février 1955, et de reconnaître ses torts dans une autocritique humiliante devant ses collègues. Malenkov reste deux ans encore chef du gouvernement adjoint, puis est emporté par l’échec du « groupe anti-Parti » en juin 1957, une tentative d’éviction de Khrouchtchev à laquelle il a participé. On l’envoie diriger une centrale électrique en Mongolie.

Son épouse, Valeriâ Alekseevna Golubcova (1906-1987), ingénieure, dirige l’Institut énergétique de Moscou (MEI) pendant et après la guerre : non seulement elle protègera, contre une nouvelle arrestation, Valentin Fabrikant, mais elle fera encore sortir de prison son père145. Il est possible qu’elle ait favorisé la carrière de Vladimir Kirillin dans l’appareil du Parti-Etat, à partir de 1954 – seule ou avec l’aide de son mari, qui protégeait également d’autres dirigeants aux profils de « spécialistes », comme les économistes Maksim Saburov (1900-1977) et Mihail Pervuhin (1904-1978). Malenkov passe aussi, dans la communauté scientifique, pour avoir combattu l’influence de Lyssenko, à la différence de Khrouchtchev.
MARKUŠEV Aleksej Ivanovič (1908-1979)

Né à Petrozavodsk, il suit sa famille dans les bouleversements de la Guerre civile, et c’est à Tachkent qu’il étudie, à la Faculté de physique et mathématiques de l’université d’Asie centrale. Puis il gagne Moscou, où il obtient successivement, à MGU, sous la direction de Mihail Lavrent’ev, de huit ans son aîné, les grades de kandidat puis de doktor, tout en enseignant, depuis 1935, au MGPI. En 1946, il est nommé professeur à MGU, enseignant la théorie des fonctions ; un an plus tôt, il avait été élu membre correspondant de l’APN, pour ses travaux sur l’enseignement et l’histoire des mathématiques. En 1950, il devient simultanément académicien et vice-président de cette institution, tout en conservant ses activités à MGU. Il contribue alors à  la vulgarisation de sa discipline : en 1951, il inaugure la publication d’une série de Cours de popularisation en mathématiques, et lance, avec l’académicien Pavel Aleksandrov, l’Encyclopédie des mathématiques élémentaires. C’est aussi un des rédacteurs-consultants de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958). Markuševič n’intervient pas de façon visible lors de la « discussion générale » de 1958 : il n’a été nommé que quelques mois auparavant ministre adjoint de l’Instruction de RSFSR, chef de la Direction des VSSUZ ( il succédait ainsi à Aleksandr Arsen’e).

En 1964, il sort de la réserve que lui imposaient ses fonctions ministérielles : en décembre de cette année-là, redevenu vice-président de l’APN (poste qu’il conserve jusqu’à 1975), il prend la tête de la Commission centrale organisée conjointement avec l’AN SSSR sur la réforme des programmes du secondaire. Son activité, à laquelle sont associés plusieurs savants de grand renom, comme Andrej Kolmogorov pour les mathématiques, débouche sur l’adoption de nouveaux programmes à partir de 1966146. Auteur de nombreux manuels, Markuševič est aussi l’un des initiateurs de l’Encyclopédie pour les enfants (Detskaâ ènciklopediâ), dont il fut le rédacteur en chef de 1971 à sa mort, et d’autres ouvrages scientifiques à destination de la jeunesse.
MEL’NIKOV Mihail Alekseevič (1887-1976)

Né dans un village de la province de Riazan, il étudie dans un séminaire pour instituteurs et travaille comme instituteur de zemstvo dans son district natal à partir de 1906 (suivant le même parcours que Pavel Šimbirëv, de quatre ans son aîné). A la veille de la guerre, il achève des études à l’institut pour instituteurs de Kazan, puis, après avoir travaillé dans différents établissements de Tcheboksary, Riazan et Moscou, il suit les cours pédagogiques supérieurs de l’université de Moscou, au début des années 1920. Il y soutient une thèse de kandidat ès sciences pédagogiques, puis entre au Narkompros RSFSR où il travaille de 1936 à 1944. Après cette parenthèse d’administrateur, il reprend une carrière de « pédagogue » dans l’APN, à des postes de pouvoir importants : élu membre correspondant (1950) puis académicien (1951), il dirige l’Institut des méthodes d’enseignement, où travaillent notamment Pavel Šimbirev et Aleksej Kalašnikov. Il devient même vice-président, aux côtés d’Ivan Kairov, essuyant alors les accusations d’immobilisme de l’ancien président, Ivan Svadkovskij (1895-1977), en 1953-1954147. Peu de temps après, il perd la vice-présidence de l’APN, mais conserve la fonction de secrétaire scientifique en chef du Présidium, de 1955 à 1960. Il est l’auteur de plusieurs programmes, de manuels, de recueils de textes et de divers supports pédagogiques pour l’apprentissage du russe à l’école primaire.

Lors de l’Assemblée générale du 25 novembre 1958, Mel’nikov soutient Kairov face aux partisans de la différenciation de l’enseignement, qui auraient voulu ajouter un point plus explicite à ce sujet dans la résolution finale. Quelques jours plus tard, il publie dans la Pravda un article présentant les nouveaux plans d’études prévus dans les écoles secondaires, en application de la réforme à venir, dans la ligne fixée par le président de l’APN. Curieusement, Mel’nikov, pourtant spécialiste des méthodes d’enseignement dans le primaire, se voit confier, en 1959, la charge d’évaluer l’expérimentation en matière d’instruction différenciée : ses conclusions, positives, illustrent le changement de position du Présidium de l’institution, préparant le décret de 1966 qui instaure officiellement le principe dans toutes les écoles du pays148. Mais cette mission n’en fait pas un partisan affirmé de la « différenciation », et il intervient peu dans les années 1960.
MERECKOV Kirill Afanas’evič (1897-1968)

Officier de l’Armée rouge, il est envoyé en Espagne pendant la guerre civile pour former les combattants des Brigades internationales (en 1936-1937), puis commande une armée pendant la guerre contre la Finlande. En août 1940, il devient membre de l’État-major, et en janvier 1941, narkom adjoint à la Défense de l’URSS. Il commande plusieurs armées sur différents fronts pendant la guerre, qu’il finit comme Maréchal (1944). Mais la phase ascendante de sa carrière s’arrête là. De 1955 à 1964, il occupe les fonctions d’aide du ministre de la Défense d’URSS chargé des VUZ. Parallèlement, de 1956 à 1961, il est membre de la Commission centrale de révision du PCUS, et, de 1957 à 1961, président du Comité soviétique des vétérans de guerre. Après 1964, il entre dans le Groupe des inspecteurs généraux du ministère de la Défense d’URSS. Il a publié, au milieu des années soixante, ses mémoires, dans lesquels il n’évoque que les événements décisifs de sa carrière et les combats dont il a été le témoin, sans dire un mot des purges, des répressions de masse ni du culte de la personnalité.

Par ses responsabilités sous la période khrouchtchévienne, il est directement concerné par la réforme de l’enseignement. En réalité, la seule trace de son activité à ce sujet hors de son administration est la lettre qu’il a adressée au CC du PCUS le 19 septembre 1958, où il demande de prendre en compte les intérêts de l’armée dans la réorganisation du secondaire149. Il y joint la liste de 30 responsables de l’armée susceptibles d’entrer dans la commission chargée d’élaborer des propositions concrètes (qui se réunit de facto durant cette période, sous l’autorité de Vladimir Kirillin)150.
MIKOÂN (MIKOÏAN) Anastas Ivanovič (1895-1978)

Né dans un village de la province de Tiflis (Tbilissi), situé dans l’actuelle Arménie, fils de charpentier, il étudie au Séminaire religieux arménien de Tiflis, puis à l’Académie spirituelle arménienne. Un an avant la fin du séminaire, en 1915, il entre au parti social-démocrate révolutionnaire de Russie (RSDRP), comme bolchevik. Ayant joué un rôle actif à Bakou pendant la révolution d’Octobre puis la Guerre civile, il obtient ensuite des postes de responsabilité pour cette partie de l’ex-empire. En 1923, il entre au CC du Parti : il y restera 53 ans ! Il siège aussi, de 1922 à 1974, au Comité exécutif central, devenu Soviet suprême d’URSS.

En 1926, à peine âgé de 31 ans, il est nommé narkom du Commerce extérieur et intérieur d’URSS. C’est le début d’une longue carrière qui voit se succéder, en continu, les postes ministériels : à l’Approvisionnement (1930), à l’Industrie alimentaire (1934), puis à nouveau au Commerce extérieur (1938-1949). Parallèlement, il est chef adjoint du gouvernement soviétique de 1937 à 1955, sans interruption, et membre du Comité de la Défense d’Etat (1942-1945) ; surtout, il siège au Politburo (Présidium) du CC du Parti, sans interruption, de 1937 à 1966. A la mort de Staline, il redevient ministre du Commerce, puis, en février 1955, avec l’éviction de Malenkov de la tête du gouvernement, il y joue un rôle plus important, devenant le premier adjoint de Boulganine (1955-1958) puis de Khrouchtchev (1958-1964), mais sans portefeuille. Concrètement, c’est lui qui fait office de chef du gouvernement pour de nombreuses questions que le Premier secrétaire du Parti n’a pas le temps de trancher. A partir de l’élimination du « groupe anti-Parti », puis de Joukov, Mikoïan, sans obtenir de poste particulier, semble jouir en plusieurs occasions d’un statut de deuxième homme du régime – mais c’est surtout sur le plan de la politique extérieure qu’il déploie son activité, et multiplie ses conseils – pas toujours suivis – à Khrouchtchev. En juillet 1964, il est nommé au poste de président du Soviet suprême d’URSS ; mais, après l’éviction de son mentor, il est remplacé par Nikolaj Podgornyj en décembre 1965, tout en continuant à siéger au Présidium du Soviet suprême jusqu’en 1974, date à laquelle il prend sa retraite. Auparavant, lors d’une séance importante du Présidium du CC du PCUS le 23 décembre 1963, il avait pris la parole pour défendre le maintien de l’école secondaire de onze ans dans son intégralité, alors que le Premier secrétaire était toujours désireux d’en transférer les trois dernières classes en cours du soir ou par correspondance151. Ainsi, Mikoïan semble être indirectement impliqué dans le décret du 10 août 1964 qui supprime de fait la politique de généralisation des « études sans rupture avec la production » à la fin du secondaire.
MINC Aleksandr L’vovič (1895-1974)

Né à Rostov-sur-le-Don, il y fait une scolarité brillante au lycée de la ville, obtenant la médaille d’or. Ses études pendant la guerre, puis la Guerre civile, sont quelque peu mouvementées : il est inscrit successivement aux Universités de Moscou et de Kharkov, mais obtient son diplôme à l’Université du Don. De 1920 à 1928, il sert dans l’Armée rouge, d’abord comme commandant de division radio, puis, en 1921, comme chef de la faculté de radio et du laboratoire de radio de l’École supérieure militaire de communication à Moscou. Il reprend alors des études par correspondance à l’Institut électrotechnique des ingénieurs de communication de la capitale, et obtient en 1934 le grade de doktor ès sciences techniques, sans avoir soutenu de thèse. Pendant les années 1928-1943, il travaille à la construction des plus puissantes stations radio du pays. Après la guerre, en 1946, il organise le Laboratoire de radiotechnique de l’AN SSSR, devenu l’Institut du même nom en 1957 – et le dirige jusqu’à 1970. Il est élu académicien en 1958. Il est un des rédacteurs-consultants de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958).

Il n’intervient pas directement pendant la discussion sur l’enseignement, assistant en silence à la réunion du 19 septembre 1958 à l’Otdel nauki du CC du PCUS. En revanche, quatre ans plus tard, il dénonce dans la presse le système d’enseignement du soir pour les VUZ techniques, destinés à former des ingénieurs : preuve d’une solidarité de vues avec la plupart des savants s’étant exprimés sur la réforme152.
MOLOTOV (SKRÂBIN) Vâčeslav Mihajlovič (1890-1986)

Né dans une petite ville de l’Oural, il fait des études dans un collège technique de Kazan, et entre au Parti social-démocrate à l’âge de seize ans, comme bolchevik. Après deux ans d’exil, il reprend des études en 1911 au prestigieux Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg, mais elles sont interrompues du fait de son activité politique, au bout de deux ans. Sa carrière de militant révolutionnaire le conduit à différentes fonctions dans l’appareil du Parti et de l’État pendant la guerre civile. Puis c’est en tant que fidèle stalinien qu’il atteint le sommet du pouvoir. Secrétaire du CC du Parti de 1921 à 1930, chef du gouvernement soviétique de 1930 à 1941, il est aussi ministre des Affaires étrangères de 1939 à 1949. A partir de mars 1946 il est, comme Boulganine, chef adjoint du Gouvernement. Il le reste sous Staline, sous Malenkov et sous Boulganine. Parallèlement il a été à nouveau ministre des Affaires étrangères de mars 1953 à juin 1956, et ministre du Contrôle d’État d’URSS de juin 1956 à juin 1957. Durant ces derniers mois, mis en minorité par Khrouchtchev sur les questions intérieures (le Rapport secret qu’il n’approuvait pas) comme sur les orientations extérieures (la réconciliation avec les Yougoslaves), Molotov se trouve aussi dessaisi des responsabilités importantes. C’est dans ce contexte qu’il commande durant l’été 1956 à la CSU une enquête sur la composition sociale des étudiants (voir le chapitre 3). Il a donc été un artisan de la reprise de la politique de prolétarisation dans l’enseignement supérieur, d’abord discrète, puis plus flagrante après l’agitation de la fin 1956. Pourtant on ne le voit pas intervenir lors de ces événements.

Il reste un membre influent du Présidium jusqu’à sa disgrâce pour avoir participé à l’éviction manquée de Khrouchtchev (affaire du « groupe anti-Parti ») en juin 1957. A cette date il est exclu du CC du PCUS (où il siégeait depuis 1921) et du Présidium (dont il était membre depuis 1926). La suite de sa carrière est anecdotique : ambassadeur en Mongolie, puis représentant permanent de l’URSS à l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne, avant sa mise à la retraite en 1962. Cette même année il est exclu du Parti, mais y sera réintégré plus tard, en 1984, sous Andropov. Il a été académicien d’honneur de l’AN SSSR de 1946 à 1959.
MUHITDINOV Nuritdin Akramovič (1917-)

Né dans la banlieue de Tachkent, dans une famille paysanne, de nationalité ouzbèke, il fait, à l’Institut coopératif de toute l’Union, des études par correspondance qu’il achève en 1939. Combattant dans l’Armée rouge de 1939 à 1946, il entre alors dans une carrière au Parti : secrétaire d’obkom, il gravit ensuite les échelons : secrétaire du CC ouzbek en 1950, il est promu adjoint du chef du gouvernement de la république en 1951, puis premier adjoint en 1953, et enfin chef du gouvernement de 1954 à 1955. Cette année-là, il revient au Parti ouzbek, dont il est nommé premier secrétaire. Il atteint le sommet de sa carrière après la chute du « groupe anti-Parti » : Muhitdinov entre simultanément au Secrétariat et au Présidium du CC du PCUS en décembre 1957 – il y restera jusqu’au 31 octobre 1961, date d’une chute dont les raisons sont complexes. Après cette date, il n’occupe plus que des postes honorifiques : la vice-présidence de Centrsoûz (1961-1966), puis celle du Comité d’Etat des liens culturels avec les pays étrangers, avant d’assumer, pendant presque une décennie, la fonction d’ambassadeur en Syrie (1968-1977), puis pendant une autre celle de vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie d’URSS (1977-1987).

En 1958, il fait partie des nouveaux dignitaires ayant droit à un portrait photographique en pleine page, dans le dernier tome de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (avec Averkij Aristov, Leonid Brejnev et Frol Kozlov, entre autres)153. En décembre, il est chargé, avec Mihail Suslov, de relire le texte de loi préparé par l’appareil du CC du PCUS : leurs remarques amplifient la dimension idéologique, insistant sur les tâches éducatives du système d’enseignement.
NEMČINOV Vasilij Sergeevič (1894-1964)

Ce statisticien soviétique est entré au collège de la CSU SSSR (sans être membre du Parti) en septembre 1926, et il y reste lors des remaniements du début des années 1930154. « Économiste et agronome de renom qui a eu un rôle actif dans l’établissement des balances fourragères », considéré comme un « marxiste agraire » de l’Académie communiste, on l’attaque, dans les années 1930, comme spécialiste « bourgeois »155. Malgré tout, il est élu académicien de l’AN SSSR en 1946, après l’avoir été en Biélorussie (1940), et avant de l’être à la VASHNIL, en 1948, année où cette institution passe sous la coupe du lyssenkisme le plus offensif, sous l’impulsion directe de Staline. Auparavant, il a dirigé, de 1940 à 1948, l’Académie agricole de Moscou « Timirâzev », avant de laisser la place à Vsevolod Stoletov, qui est loin d’avoir ses compétences, mais a bénéficié du soutien direct de Lysenko. Lui-même est alors appelé à des fonctions plus techniciennes : de 1949 à 1963 – une longévité remarquable pour ces années charnières – il préside le Conseil pour l’étude des forces productives, instance chargée de veiller à la planification de la main-d’œuvre en URSS. Il occupe ce poste dans les années 1950, alors que la question de l’emploi des jeunes travailleurs dans l’industrie et l’agriculture est au cœur de l’élaboration de la réforme de l’enseignement. Pourtant il intervient peu lors de la préparation de la réforme, même s’il est encore invité à en débattre avec d’autres « savants », le 19 septembre 1958, au CC du PCUS. Il reste en effet silencieux durant toute la réunion.

Parallèlement, de 1953 à 1959, il est académicien secrétaire du Département des sciences économiques, philosophiques et juridiques de l’AN SSSR. Au début de l’année 1964, il est au centre d’un débat animé parmi les économistes soviétiques : son article « Economie socialiste et planification de la production », paru dans la revue Kommunist, propose d’inverser le fonctionnement de la planification soviétique, en faisant du plan un devoir à accomplir autant qu’une commande, approuvée par les entreprises à la base. Ce débat annonce l’ère des réformes avec la tentative de mise en œuvre de « l’autonomie comptable » dans l’économie156.

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