1 adžubej (adjoubeï)2 Aleksej Ivanovič (1924-1993)




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BARDIN Ivan Pavlovič (1883-1960)

Né dans un village de la province de Saratov, il étudie dans un collège d’apprentissage d’agricole, puis à l’école supérieure agricole en Pologne, et enfin à l’Institut polytechnique de Kiev, de 1905 à 1910, tout en travaillant à différents emplois. En 1910-1911, il part travailler un an, comme simple ouvrier, aux Etats-Unis, avant de revenir en Russie dans les usines métallurgiques du sud du pays. Il y gravit les échelons de la carrière d’ingénieur, y compris sous le nouveau régime : de 1929 à 1936, il est l’un des responsables de la construction du combinat métallurgique de Kouznetsk ; en 1932, à 49 ans, il est élu académicien. Sa carrière prend alors une tournure plus administrative : en 1937, il travaille au commissariat du peuple à la sidérurgie, comme ingénieur en chef, puis comme président du Conseil technique. En 1939, il prend la tête de l’Institut de métallurgie de l’AN SSSR, devenu en 1944 Institut de sidérurgie ; en 1942, il devient vice-président de l’AN SSSR : pendant la guerre, il joue un grand rôle dans la mobilisation des ressources industrielles aux fins de la défense du pays. Ses travaux sur l’organisation de la production métallurgique lui valent de nombreuses récompenses, notamment le prix Staline en 1942 et 1949, et le prix Lénine en 1958. Il est aussi un des rédacteurs en chef de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958), et siège au Soviet suprême d’URSS de 1940 à sa mort. Lors de la discussion sur la réforme de 1958, il ne publie aucune tribune dans la presse, mais intervient à la réunion du 19 septembre avec une position très proche de celle des autres « savants » en sciences exactes : il conteste la nécessité de faire effectuer un métier manuel à tous les futurs ingénieurs et scientifiques, et met en garde contre le risque d’être en retard par rapport au progrès technique.


BELODED Ivan Konstantinovič (1906-1981)

Né dans un village de la région de la région de Kirovograd, il étudie la linguistique à l’université de Kharkov, puis, dans les années 1930, enseigne en VUZ à Kharkov et à Lvov. Entré au Parti en 1943, il dirige, de 1946 à 1957, l’Institut de linguistique de l’Académie des sciences d’Ukraine (AN USSR). En 1957, il est élu académicien, et simultanément nommé ministre de l’Instruction de la république: cette promotion est suprenante, dans la mesure où il n’avait occupé aucune fonction dans l’appareil d’Etat jusque-là. Il le reste jusqu’à 1962, avant de retrouver des fonctions dans son institut, et d’être élu vice-président de l’AN USSR en 1963. Ses travaux portent, notamment, sur le développement des langues slaves dans la société socialiste, sur les contacts linguistiques et sur le bilinguisme.

Lors de la discussion de la réforme de 1958, il participe à la réunion du 26 septembre à l’Otdel nauki du CC du PCUS. C’est un des rares à soutenir sur le principe la variante proposée par Zelenko, même s’il ne cite pas son nom, et se contente de plaider pour l’envoi de tous les élèves à la production28. C’est aussi un des rares ministres à accepter la création d’écoles spéciales pour les « enfants doués », à titre expérimental, auprès des universités29.
BERMANT Anisim Fedorovič (1904-1959)

Né à Ûzovsk (actuelle Donetsk) dans le Donbass – là où Khrouchtchev commença à travailler –, il étudie à l’université de Rostov-sur-le-Don, au début des années 1920, puis part à Moscou pour faire une thèse de kandidat à l’Institut de mathématiques et de mécanique de MGU : il y travaille dans un groupe dirigé par Mihail Lavrent’ev, de quatre ans son aîné. En 1933, à 29 ans, il devient professeur, avant de soutenir sa thèse de doktor, en 1941. Membre de la direction de la Société des mathématiciens de Moscou, dirigée par Pavel Aleksandrov, il travaille à l’institut Steklov de mathématiques de l’AN SSSR, dont il devient directeur adjoint dans les dernières années de sa vie. Parallèlement, il est rédacteur en chef adjoint de la revue Le recueil mathématique, et enseigne dans différents VUZ techniques de la capitale. Son activité de recherche est intimement liée à son travail pédagogique : en 1954, il crée un séminaire scientifique unissant les chaires de mathématiques des VUZ techniques de Moscou, bientôt intégré à la Société des mathématiciens de Moscou. Il est aussi le co-auteur du manuel « Court précis d’analyse mathématique », réédité maintes fois en URSS.

En septembre 1958, c’est en tant que professeur à l’Institut d’ingénierie et de construction de Moscou qu’il intervient lors de la réunion des responsables de VUZ, au MVO. Il y déploie un réquisitoire violent contre le système d’enseignement supérieur, et le projet de réforme soumis par le ministre Elûtin.
BORDADYN Afanasij Fedorovič (?-?)

Il est probablement né à la fin du XIXe siècle ou dans les premières années du XXe siècle, car en 1926 il est l’auteur d’un article dans la revue du Komsomol La jeune garde (Molodaâ Gvardiâ) : « La jeunesse ouvrière telle qu’elle est »30. Dans les années 1930, il est directeur adjoint de l’Institut de l’économie mondiale et de la politique mondiale de l’AN SSSR, dirigé par l’économiste hongrois Eugène Varga. Sa trace se perd pendant la guerre.

De 1952 à 1957 au moins, il est premier adjoint du chef de la Direction principale des Réserves de main-d’œuvre (GUTR) d’URSS. Second de Genrih Zelenko, il partage ses positions en faveur de la généralisation de l’enseignement « sans rupture avec la production » au moyen des établissements de son administration. Ainsi, en avril 1957 il se manifeste au Département du CC du PCUS en envoyant un rapport sur son séjour en RDA : il y constate le bien fondé des brigades de jeunes travailleurs dans les usines est-allemandes. Il participe aussi à la réunion organisée le 20 septembre 1958. Deux mois plus tard, et deux jours après la publication des Thèses, il publie dans les Izvestia une tribune intitulée « Le progrès technique et la formation professionnelle ». Il y met en cause, sur un ton amer, l’idée « de certains camarades » qu’il faut transférer l’enseignement professionnel dans les écoles secondaires générales – variante de la polytechnisation qui n’est pas favorable aux intérêts du GUTR, et qui est finalement retenue par la loi du 24 décembre 1958. Selon Bordadyn, « les éducateurs expérimentés sont grandement alarmés par les propositions qui tendent à substituer à l’enseignement professionnel la polytechnisation ».

En novembre 1959, le Présidium de l’APN propose son nom parmi une liste de candidats au rang de membre correspondant31. Sa carrière semble moins brillante par la suite, mais dans les années 1980 il fréquente différents instituts de recherche ; il est notamment le coauteur d’un manuel du supérieur sur l’organisation internationale du travail, publié en 1983.


BREŽNEV (BREJNEV) Leonid Il’ič (1906-1982)

Nous nous tiendrons ici aux grandes lignes d’une carrière très connue, surtout après 1964. Né à Dnieprodzerjinsk en Ukraine (région de Dniepropetrovsk), dans une famille ouvrière, il suit une formation secondaire technique dans un collège agricole et travaille comme ouvrier dans les années vingt. Entré au Parti en 1931, il reprend alors des études supérieures à l’Institut métallurgique de Dnieprodzerjinsk. A sa sortie en 1935, il fait son service militaire, est directeur de tehnikum pendant une année (1936-1937), puis fait une carrière fulgurante dans les organes locaux et régionaux du Parti, à la faveur des purges et de la Grande Terreur. De 1939 à 1950 il occupe les fonctions de secrétaire puis premier secrétaire du partkom de Dniepropetrovsk, sauf la parenthèse de la guerre pendant laquelle il est responsable de la direction politique du front méridional. En 1950, il est nommé premier secrétaire du PC moldave, puis en 1952-1953 secrétaire du CC du PCUS, avant d’être à nouveau éloigné de Moscou, en 1954-1955, comme premier secrétaire du PC kazakh. De 1956 à 1960 il retrouve un poste de secrétaire au CC du PCUS – dont il est également fait membre du Présidium, après l’échec du « groupe anti-Parti », en juillet 1957. En janvier 1958, parallèlement, il est fait président adjoint (avec Aristov) du Buro RSFSR, sous la houlette de Khrouchtchev – mais il quitte cette instance deux mois plus tard. En 1958, il fait partie des nouveaux dignitaires ayant droit à un portrait photographique en pleine page, dans le dernier tome de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (avec Averkij Aristov, Frol Kozlov et Nuritdin Muhitdinov, entre autres)32. En 1960, il remplace Kliment Vorochilov au poste de Président du Présidium du Soviet suprême de l’URSS, avant de le laisser en 1964 à Anatase Mikoïan. En octobre 1964, lors de l’éviction de Khrouchtchev qu’il a soigneusement préparée avec Mikhaïl Souslov et Aleksandr Šelepin, il devient premier secrétaire, puis en 1966, lors du XXIIIe Congrès, secrétaire général du PCUS, et à nouveau après 1977, Président du Présidium du Soviet suprême d’URSS. Par ailleurs, de 1964 à 1966 il a dirigé le Buro RSFSR et a siégé au Soviet Suprême pendant huit mandatures d’affilée (de 1950 à 1982).


BULGANIN (BOULGANINE) Nikolaj Aleksandrovič (1895-1975)

Fils d’un fonctionnaire de Nijni Novgorod (Gorki de 1932 à 1991), il fait des études dans un lycée technique (real’noe učiliŝe) et travaille dans la production électrique. Entré au Parti en 1917, il s’engage dans les organes de sécurité (Tchéka) chargés du contrôle des chemins de fer pendant la guerre civile, applique la « terreur rouge » contre les syndicats et d’autres opposants au pouvoir bolchevique, de 1918 à 1922. Puis il gagne Moscou où il entame une carrière dans l’appareil de direction économique du pays. En 1927, il est nommé directeur de la centrale électrique de la capitale, avant d’être propulsé, en 1931, à la tête du comité exécutif de Moscou (équivalent du poste de maire). Cette ascension rapide doit évidemment beaucoup au contexte de purges au sommet du pays. De même, en 1937, tout en entrant au CC du VKP(b), il est promu chef du gouvernement soviétique en titre (1937-1938), puis adjoint (1938-1944). Il dirige ensuite la Banque d’État soviétique (de 1938 à 1945) tout en siégeant aux conseils militaires de plusieurs fronts pendant la guerre. De 1944 à 1949 il est ministre adjoint, puis ministre de la Défense (des Forces armées après 1946). De mars 1947 à mars 1953 il est aussi chef-adjoint du gouvernement d’URSS, titre qu’il conserve après la mort de Staline, jusqu’en février 1955, tout en retrouvant le poste de ministre de la Défense.

Considéré par Staline – d’après les souvenirs de Khrouchtchev – comme la seule personne véritablement capable de lui succéder, Boulganine atteint alors le sommet de sa carrière, mais sans parvenir à s’imposer face au Premier secrétaire. Il doit attendre la disgrâce de Malenkov pour devenir, en février 1955, chef du gouvernement soviétique, poste qu’il conserve jusqu’en mars 1958. A cette date, conséquence de l’exclusion du « groupe anti-Parti » auquel il avait été associé en juin 1957, Boulganine laisse sa place à Khrouchtchev, et perd même son titre de maréchal. Quelques mois plus tard, en septembre 1958, il quitte le Présidium (ex-Politburo) du CC du PCUS, où il avait siégé dix années de suite. Après un bref retour à la tête de la Banque d’État, Boulganine est alors relégué à la présidence du sovnarhoz de Stavropol, de 1958 à 1960. En 1961, lors du XXIIe Congrès, il quitte le CC du PCUS, et en 1962 son mandat de député au Soviet suprême d’URSS (où il siégeait depuis 1937) n’est pas renouvelé.
CELIKOV Aleksandr Ivanovič (1904-1984)

Après des études au MVTU « Bauman », dont il sort diplômé en 1928, il travaille dans différentes usines métallurgiques. A partir de 1935, il enseigne en VUZ : à partir de 1949 et jusqu’à sa retraite, il est professeur au MVTU. Auparavant, en 1945, date de son entrée au Parti, il a été nommé chef du bureau d’études central de la construction de machines métallurgiques (CKB MM), au sein de l’Institut central de recherche scientifique en technologie et en construction de machines CHIITMAŠ qu’il dirige en continu jusqu’aux années 1980. Renommé en 1959 Institut de recherche scientifique en construction de machines métallurgiques de toute l’Union, cet organe a joué un rôle fondamental dans le développement industriel du pays. D’après l’économiste Vladimir Fal’cman, il était « capable de concurrencer les firmes étrangères » dans le domaine de la technologie militaire33. Auteur de travaux importants dans son domaine, Celikov est élu membre correspondant (1953), puis académicien (1964) de l’AN SSSR, après avoir reçu trois fois le prix Staline (1947, 1948 et 1951). Lors de la « discussion générale » sur la réforme de l’enseignement, il ne publie aucun article dans la presse ; mais c’est l’un des intervenants les plus critiques lors de la réunion du 19 septembre 1958 à l’Otdel nauki du CC du PCUS.


ČERVONENKO Stepan Vasil’evič (1915-2003)

Né dans un village de la province de Poltava, dans une famille de paysans, il étudie à l’université de Kiev et soutient une thèse de kandidat en philosophie, à la fin des années 1930. Entré au Parti en 1940, il combat pendant la guerre, puis, en 1944, commence une carrière d’enseignant et d’administrateur. En 1949 il est promu dans l’appareil du CC ukrainien : il en est le secrétaire de 1956 à 1959. En septembre 1958, c’est lui qui représente sa république lors des réunions préparatoires aux Thèses du CC du PCUS, organisées par l’Otdel nauki. Il s’y montre un défenseur zélé des positions de Khrouchtchev, mais aussi un adversaire de Zelenko, scellant probablement le destin des propositions du chef du GUTR. Il l’attaque à nouveau par voie de presse, dans une tribune publiée en novembre 195834.

En 1959, il commence une carrière diplomatique à des postes très élevés, en tout cas prestigieux : il est successivement ambassadeur d’URSS en Chine (1959-1965), en Tchécoslovaquie (1965-1973), puis en France (1973-1983). De 1983 à 1988, il termine sa carrière à la tête d’un département du CC du PCUS, avant d’être mis à la retraite sous Gorbatchev. Il a été député au Soviet suprême de 1958 à 1962, puis de 1982 à 1986.
DERBINOV Vasilij Nikitič (1905-1960)

Né à Moscou, entré au Parti en 1926, il a une formation d’instituteur (diplômé d’un tehnikum pédagogique) mais commence à travailler comme responsable local dans le politprosvet, puis le Komsomol, l’instruction publique et le Parti de la région de Vologda (de 1926 à 1930). De 1930 à 1937 il dirige le Collège pédagogique de Vologda, puis à la faveur de la Grande Terreur il entre à nouveau dans l’appareil du Parti, dirigeant le Département des écoles du gorkom de Vologda de 1937 à 1939. Il entre ensuite à l’obkom, comme « lecteur » (lektor) au Département de la propagande puis comme chef adjoint, de 1939 à 1941. Il en est nommé secrétaire chargé de la propagande (1941-1942) puis second secrétaire (1942-1944), et finit la guerre comme président du Comité exécutif de l’oblast’ (1944-1945). Les années d’après-guerre marquent le sommet de cette carrière régionale, puisqu’il est premier secrétaire de l’obkom de Vologda de mars 1945 à août 1952. Cette année-là, on l’envoie faire des études à Moscou (à 46 ou 47 ans !)35.

Nous n’avons pas pu retracer précisément son parcours dans la capitale, mais en décembre 1954 on le retrouve à la tête du Département des écoles du CC du PCUS. Cependant il est bientôt remplacé, en 1955, par Nikolaj Kaz’min. Il est à partir de 1956 (et au moins jusqu’en juin 1957) chef adjoint du Département de la science, des écoles et de la culture du CC du PCUS pour la RSFSR, sous l’autorité de Kaz’min. Son rôle dans les réformes de l’enseignement est important. Le 19 août 1955 Derbinov signe deux notes assez critiques à l’égard des propositions en faveur de la professionnalisation des études dans les établissements secondaires. A l’été 1956, Derbinov publie dans la revue Partijnaâ Žizn’ un article où il met en garde contre les risques d’une spécialisation trop précoce dans le secondaire : il exprime ainsi une vision proche de celle de Vladimir Kirillin, qu’on peut qualifier de technocratique. Trois mois plus tard dans la même revue, Vasilij Suhomlinskij lui répond. Le pédagogue ukrainien, qui n’est alors que le directeur de l’école secondaire expérimentale de Pavlyš, dans l’oblast’ de Kirovograd en Ukraine (il sera élu membre correspondant de l’APN en 1957 seulement), explique qu’il « y a une autre expérience » de l’instruction polytechnique36. Derbinov est par ailleurs l’auteur d’un article qui tire le bilan de la première année des écoles-internats37. Un an plus tard, il est cité par Ivan Kairov comme l’auteur d’une « communication » (soobŝenie) dont il partage les vues, lors de son discours d’ouverture de l’assemblée générale de l’APN consacrée à la discussion des Thèses, en novembre 195838. Il est l’artisan, avec Kairov mais aussi, au sein de l’appareil du CC du PCUS, Kirillin, de la victoire de la variante modérée de la réforme de l’enseignement.
DUBROVINA Lûdmila Viktorovna (1901-1977)

Née à Tbilissi (Géorgie), elle s’engage dans la Guerre civile aux côtés des Bolcheviks en devenant chef de club du Glavpolitprosvet (Direction générale de l'éducation politique, créée en 1920), puis enseigne dans une école primaire. En 1923, elle est envoyée par le Parti pour acquérir une formation supérieure à l’Académie d’éducation communiste « Krupskaâ » à Moscou, dont elle sort diplômée en 1926. Elle fait ensuite carrière dans l’appareil local du Parti du quartier central « Khamovniki » de la capitale. En 1930, peut-être à la faveur des purges staliniennes, elle est promue directrice adjointe du département de l’instruction de la ville et de la région de Moscou, puis prend la tête en 1931 de la section de l’Instruction du comité exécutif de la ville de Moscou, fonction qu’elle occupe jusqu’à 1937. Sa carrière bifurque au moment de la Grande Terreur, vers un tout autre domaine : de 1938 à 1941, elle dirige l’organisme (trest) Mosgorkino qui regroupe les salles de cinéma de la capitale, avant de prendre la tête de la Direction de la cinématographisation de l’URSS pendant quelques mois. Puis elle change à nouveau de secteur et prend la tête des éditions pour enfants Detgiz, en 1941-1942 et à nouveau de 1943 à 1948 (entre temps, elle a participé à l’organisation du travail d’agitation et de propagande au sein de la Direction générale politique de l’Armée rouge). En 1948-1949 elle fait un passage dans l’appareil du CC du PCUS, avant d’être nommée en septembre 1949 ministre adjointe de l’Instruction en RSFSR, poste qu’elle conserve jusqu’en avril 1958, date à laquelle elle semble mise en retraite39.

Il faut peut-être mettre en rapport cette fin de carrière brutale avec ses interventions dans la discussion du 29 mai 1957, au CC du PCUS, alors que la réforme de l’enseignement est tout juste évoquée par Nikita Khrouchtchev devant ses pairs : Dubrovina tient alors tête au Premier secrétaire, pendant plusieurs minutes, en lui opposant une vision conservatrice, attachée aux décisions antérieures prises sous Staline, mais aussi consciente des limites des écoles du soir comme de la nécessité d’inculquer un nombre croissant de connaissances vu les mutations scientifiques et techniques de l’époque40. Elle finit par se taire sans avoir pu trouver de soutien auprès des autres intervenants, et ne réapparaît plus dans aucune discussion sur la réforme de 1958, à la différence de son supérieur Ivan Kairov, qui avait pris le parti de Khrouchtchev dans la discussion...
DŽandil’din Nurymbek Džandil’dinovič (1918-1990)

Formé à l’Institut pédagogique kazakh, dont il est sorti diplômé en 1941, il poursuit des études à l’École supérieure du Parti à Moscou, à la fin de la guerre, puis à l’Académie des sciences sociales près le CC du VKP(b), dont il est diplômé en 1949. Il entre alors, à l’âge de 31 ans, dans la carrière de bureaucrate kazakh, en « administrateur » type : directeur de chaire à l’école du Parti de la république (1949-1951), puis chef de Département au CC du PC kazakh (1951-1955), chef du secteur de la philosophie et du droit de l’AN kazakhe, directeur de l’Institut d’histoire du Parti près le CC du PC kazakh (1955-1956), et surtout secrétaire du CC du PC kazakh de 1957 à 1965. Cette période le voit jouer un rôle important dans les questions d’enseignement, puisqu’il est le représentant du PC kazakh lors de la réunion du 27 septembre 1958, à l’Otdel nauki à Moscou. Il y tient un discours assez critique vis-à-vis du projet d’Elûtin, contestant la nécessité de réorganiser le système des études – mais deux mois plus tard, il publie un article dans lequel il défend résolument la réforme du secondaire41.

La période brejnévienne le renvoie dans l’enseignement supérieur et la recherche : doktor ès sciences philosophiques en 1965, il devient professeur (1967) puis membre correspondant de l’AN kazakh (1970) – alors qu’il avait déjà occupé les fonctions d’académicien-secrétaire du Présidium de la même académie, de 1965 à 1967. De 1967 à 1976, il dirige l’Institut pédagogique d’Alma Ata, avant de finir sa carrière comme chef de la chaire de philosophie à l’Institut des ingénieurs du transport ferroviaire de la même ville, de 1976 à 1990. Il a publié plusieurs ouvrages et brochures sur les problèmes des rapports entre les nationalités en URSS, le développement de la culture kazakh et la psychologie sociale.
EFIMOV Aleksej Vladimirovič (1896-1971)

Né à Bakou, dans une famille noble, il étudie au lycée à Tbilissi, puis au Département de mécanique de l’Institut technologique de Petrograd (de 1913 à 1916) ; la guerre, puis la révolution interrompent ces études, qu’il reprend à l’université de Moscou en 1919, cette fois en histoire. A la sortie, il enseigne à la rabfak de MGU, de 1922 à 1927. Cette carte de visite – ainsi qu’une année de travail comme technicien – lui permet de continuer, malgré ses origines sociales, dans la recherche : il soutient même sa thèse de kandidat, en 1930, à l’Institut d’histoire de l’Association russe des instituts de recherche en sciences sociales (RANION), qui s’est substituée en 1924 à l’Académie des sciences, jugée défaillante du point de vue idéologique42. Il est alors envoyé comme docent à l’université du Caucase Nord, puis directeur du Département d’histoire et d’économie (à Rostov-sur-le-Don, de 1930 à 1932), et enfin collaborateur scientifique au Département moscovite de l’Académie de la culture matérielle. Il entre alors, en 1933, au Département d’histoire de l’Académie communiste de l’AN SSSR, dont il est chef du secteur d’histoire moderne de 1939 à 1941, après avoir reçu le grade de doktor, et avoir été élu membre correspondant. Il reprend ensuite une carrière universitaire, comme docent à MGU en 1943-1944, puis professeur et chef de la chaire d’histoire moderne à l’université de Molotov (Perm) de 1945 à 1947. Entre temps, il est intégré comme collaborateur scientifique dans l’Institut des méthodes de l’APN RSFSR. Revenu à Moscou, il est élu membre correspondant de cette académie en 1947 ; il travaille au Département de la didactique et des méthodes individuelles (chastnye). Il est l’auteur de manuels d’histoire pour le secondaire (1934, plusieurs fois réédité), pour le supérieur (1939), et de programmes ainsi que de recueils de textes pour les enseignants du secondaire et du supérieur. Ses travaux portant sur l’histoire des Etats-Unis et des explorateurs russes en Amérique, il se voit confier la direction du secteur des peuples d’Amérique à l’Institut d’ethnographie de l’AN SSSR en 1956.

En 1958, il fait partie des nouvelles personnalités ayant leur notice biographique dans le dernier tome de la Grande encyclopédie soviétique43. Cette année-là, il publie un ouvrage d’épistémologie : Quelques questions de méthode de l’histoire comme science, mais rien sur la réforme de l’enseignement. Il participe néanmoins à l’Assemblée générale de l’APN où sont discutées les Thèses, critiquant l’idée d’écoles spéciales pour les « enfants doués », et soutenant l’idée de « différenciation » dans les études secondaires.

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