1 adžubej (adjoubeï)2 Aleksej Ivanovič (1924-1993)




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ANNEXE VII : NOTICES BIOGRAPHIQUES
Des principaux dirigeants, responsables et autres acteurs
intervenant dans la genèse et la discussion de la réforme de 1958
1

ADŽUBEJ (ADJOUBEÏ)2 Aleksej Ivanovič (1924-1993)

Né à Samarkand, fils d’un riche paysan russe, il suit sa mère lorsque celle-ci se remarie avec un juriste moscovite : elle devient une couturière réputée de la capitale (elle confectionne des robes pour les femmes des dirigeants). Après avoir combattu pendant la guerre, Adžubej commence des études à l’école-studio du Théâtre d’art académique de Moscou (MHAT), puis change de formation et s’inscrit au département de journalisme de la Faculté des lettres de MGU (devenu en 1952 une faculté à part entière). Il y rencontre Rada, la fille de Nikita Khrouchtchev, et l’épouse en 1949, après avoir divorcé de sa première femme.

L’appui de son beau-père, dont il gagne rapidement la confiance, lui permet de faire une carrière rapide, mais inachevée. De 1952 (un an avant son entrée au Parti) à 1959, il travaille à la Komsomol’skaâ pravda, à des postes divers – jusqu’à celui de rédacteur en chef, de 1957 à 1959, au moment où l’autorité de Khrouchtchev est à son apogée. En 1959, à trente-cinq ans, Adžubej est nommé rédacteur en chef des Izvestia, organe du Soviet suprême d’URSS – un poste prestigieux, au sommet de la nomenklatura du pays. Parallèlement il devient le secrétaire de la direction de l’Union des journalistes d’URSS, entre au Comité central en 1961, et est élu député au Soviet suprême. Après la chute de son beau-père, il est relégué en novembre 1964 chef de département à la rédaction de la revue secondaire Sovetskij Soûz3. Conseiller écouté de Khrouchtchev, il a contribué, depuis la direction de la Komsomol’skaâ pravda et dans une moindre mesure des Izvestiâ, à l’émergence d’un débat public sur différents sujets de société.


AFANASENKO Evgenij Ivanovič (1914-1993)

Diplômé de l’Institut pédagogique de Leningrad, il enseigne dans le secondaire dans les années 1930, avant d’être mobilisé en 1941. En 1943 il entre au Parti, ce qui lui ouvre une seconde carrière de pur « administrateur ». En 1950 il devient secrétaire du rajkom Frunze de Moscou, poste qu’il occupe pendant six ans, avant de connaître une promotion spectaculaire : en 1956, il succède à Ivan Kairov comme ministre de l’Instruction de la RSFSR, et le reste jusqu’en 1965 (parallèlement, il est membre candidat du CC du PCUS de 1961 à 1966)4. Initiateur de quelques mesures importantes, notamment pour diminuer la charge de travail dans les écoles secondaires, en 1956-1957, il participe peu à l’élaboration de la réforme de 1958, laissant Kairov s’occuper de la rédaction du projet officiel, à la demande de l’appareil du Parti5. En revanche, il intervient lors de la réunion du 25 septembre à l’Otdel nauki du CC du PCUS : il prend à partie Genrih Zelenko, le chef du GUTR, qu’il accuse de ne voir que les intérêts à court terme de l’économie et du plan septennal. En bon « administrateur », il signe ensuite dans la presse un article dont le titre reprend celui du discours de Khrouchtchev au Komsomol quelques mois plus tôt : « Éduquer des bâtisseurs actifs du communisme »6. Afanasenko y évoque les expériences des écoles des régions de Stavropol et de Riazan (où l’initiation à la production prend la forme d’un véritable travail pour les élèves) et défend l’idée que les enseignements secondaire général et professionnel sont amenés à se rejoindre à l’avenir. Il ajoute aussi qu’il soutient l’expérience d’une école de huit ans à journée de travail allongée, comme dans l’école n°630 à Moscou – une solution qui n’est pas reprise ailleurs, à notre connaissance. Par la suite, il publie en tant que ministre plusieurs brochures et articles sur la réforme (avec Kairov : Cinq ans d’écoles-internats, 1961 ; « Le XXIIe Congrès du PCUS et les tâches des organes de l’instruction publique et des enseignants », L’instruction publique (Narodnoe obrazovanie), n°12, 1961). Il dirige la réédition du tome 2 de l’Encyclopédie pour les enfants (1964) ; on lui attribue l’instauration en 1965 de la fête des enseignants (den’ učitelâ), le 1er octobre.

En 1961 il accède au rang de membre candidat7 au CC du PCUS. Mais il n’a pas le temps d’y entrer comme membre à part entière, car il est éloigné du pouvoir central après avoir quitté son ministère. Il commence alors une carrière de diplomate en Afrique, étant successivement ambassadeur au Rwanda (de 1966 à 1972) puis au Congo (de 1972 à 1978) et en même temps à Sao Tomé et Principe et en Angola (de 1976 à 1978)8.
ALEKSANDROV Aleksandr Danilovič (1912-1999)

Né dans une famille d’enseignants de la capitale de l’ex-empire tsariste. Son père, de petite noblesse, avait été renvoyé temporairement de l’université pour son rôle actif dans le mouvement étudiant des années 1900 ; il perdit son poste de directeur d’école en 1930 sous prétexte de non appartenance au Parti. Aleksandr put malgré tout faire des études brillantes à la Faculté de physique de l’université de Leningrad, de 1929 à 1933. Il travaille ensuite à l’Institut de physique de LGU, sous la direction de Boris Delone (1890-1980) et Vladimir Fok, y soutenant sa thèse de kandidat en 1935, puis de doktor en 1937. Cette rapide carrière est justifiée par ses travaux en géométrie, qui le font élire membre correspondant de l’AN SSSR en 1946 ; il entre au Parti à cette époque. Aleksandrov est, avec Aleksej Markuševič et sous l’autorité d’Andrej Kolmogorov, un des rédacteurs-consultants de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958), pour les mathématiques.

Recteur de LGU de 1952 à 1964, il traverse toute la période khrouchtchévienne à la tête de la deuxième université du pays. Sa nomination et sa longévité à ce poste gardent une part de mystère, de même que celle d’Ivan Petrovskij à la tête de MGU un an plus tôt : ni l’un ni l’autre ne sont des « administrateurs », Petrovskij n’est même pas membre du Parti, et Aleksandrov a ouvertement résisté au lyssenkisme en refusant de renvoyer les généticiens de son établissement, tout au long de la période. Il suscite une réaction brutale de Khrouchtchev en refusant d’engager comme biologiste un des protégés du Premier secrétaire : ce dernier l’aurait accusé de « menchevisme »9. Aleksandrov promeut aussi des disciplines nouvelles, comme la sociologie, l’économie mathématique, et même… l’astrologie. C’est donc un responsable « connu pour son indépendance », d’après les mémoires d’un physicien juif soviétique publiés dans les années 200010. En 1956, il élabore un projet d’extension territoriale de LGU, mais se voit contraint de le retirer suite à l’agitation étudiante de décembre, dans laquelle est fortement impliqué son ancien étudiant Revol’t Pimenov, arrêté et condamné à plusieurs années de camp (il sera élu au Soviet des députés du peuple en 1989). En octobre 1958, il défend la théorie de la relativité et attaque les adversaires d’Einstein au sein de la physique et de la philosophie soviétiques, lors de la Première réunion sur les questions philosophiques posées par les sciences naturelles de toute l’Union11.

A plusieurs reprises, comme en février 1957 lors d’une réunion au MVO SSSR, Aleksandrov préconise l’union de la science avec l’enseignement supérieur, dans une perspective humboldtienne, citant le cas de l’Institut de physique mondiale de Niels Bohr, qui se trouve au sein même de l’université de Copenhague 12. A cette occasion, le recteur de l’université de Kiev, Ivan Švec, lui emboîte le pas, et fait référence à l’Allemagne, à l’Angleterre et aux Etats-Unis13. En mars 1957, Aleksandrov signe dans le Bulletin de l’école supérieure un long article consacré aux problèmes de l’éducation politique et sociale des étudiants14. Un an et demi plus tard, à la veille du lancement de la « discussion nationale », il publie dans les Izvestia un long texte qui propose quelques pistes pour la réorganisation des études dans le supérieur, assez éloignées des propositions de Khrouchtchev, publiées un mois plus tard. Surtout, il est l’un des plus virulents critiques du rapport prononcé par Elûtin lors de la réunion plénière des directeurs de VUZ au MVO, le 22 septembre 1958. Avec Petrovskij, il prend la tête d’une véritable fronde, dénonçant les risques que constitue la généralisation des études du soir et par correspondance, ou encore l’interruption des études, dans le secondaire comme dans le supérieur. Deux mois plus tard, il signe un article d’apparence plus modéré dans les Izvestia, mais qui reprend en fait les mêmes positions : sur le passage du secondaire au supérieur, Aleksandrov y préconise l’instauration d’une certaine différenciation, sous la forme de cours complémentaires, ouverts à tous, y compris aux « producteurs » : c’est un moyen de démocratiser le recrutement en VUZ, sans entraîner de baisse du niveau d’instruction générale15.

En 1964, il quitte ses fonctions de recteur de LGU, et part pour Novossibirsk, où il a été invité par son collègue Sergej Sobolëv. Elu cette année-là académicien, il poursuit ses recherches dans la « Cité académique » de Sibérie, à l’Institut de mathématiques du SO AN SSSR, tout en enseignant à l’université. En 1986, il regagne Leningrad, où il travaillera jusqu’à sa mort à l’Institut de mathématiques de l’AN SSSR. En plus de ses travaux en géométrie, il s’est intéressé à la philosophie des mathématiques et de la physique théorique. Il a donné également des cours d’histoire des mathématiques, à Leningrad comme à Novossibirsk16. Marxiste convaincu, il n’en gardait pas moins une distance critique vis-à-vis du régime et de l’idéologie officielle. Ses biographes affirment que « les travaux de philosophie et les interventions orales d’Aleksandrov embrassent un cercle exceptionnellement large de questions ». Dans les années 1980, il prend une part active à la rédaction de nouveaux manuels de géométrie pour le secondaire – aussi bien pour les établissements généraux que pour les écoles qui proposent un approfondissement en mathématiques.
ALEKSANDROV Pavel Sergeevič (1896-1982)

Né dans la ville industrielle de Bogorodsk (actuellement : Noginsk), dans la région de Moscou, il termine sa scolarité dans le lycée privé de sa ville avec une médaille d’or, ce qui lui permet d’entrer directement à l’université de Moscou, en 1913. Il y étudie au département de mathématiques, à partir de 1915 auprès de Nikolaj Luzin (1883-1950). Son diplôme obtenu, il revient enseigner à l’université à partir de 1921, y fondant peu à peu l’école dite « de topologie » mathématique ; parallèlement, il se lie d’amitié avec Andrej Kolmogorov, lui aussi élève de Luzin. Devenu professeur en 1929, il est élu membre correspondant de l’AN SSSR la même année, avant de soutenir sa thèse de doktor en 1934. Il a peut-être alors souffert de la campagne officielle lancée contre Luzin : président de la Société des mathématiciens de Moscou de 1932 à 1964, lauréat du prix Staline en 1943, il n’est élu académicien qu’en 1953, après de multiples autres distinctions. A la fin des années 1950, Aleksandrov est donc au sommet de sa carrière, et participe d’ailleurs comme rédacteur-consultant à la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958).

Il intervient le 19 septembre 1958 à la réunion des savants de l’Otdel nauki à Moscou, en soulignant l’unité de vues entre ses collègues et lui, contre l’interruption des études. Par la suite, il participe avec son ami Kolmogorov à la mise en place de l’école de physique et de mathématiques de MGU, et y enseigne.

Le 15 février 1974, il cosigne avec Kolmogorov, dans la Pravda, un article intitulé « La trahison ne se pardonne pas », où il félicite le président du Soviet Suprême d'avoir déchu Soljenitsyne de la nationalité soviétique.
ARCIMOVIČ Lev Andreevič (1909-1973)

Issu d’une famille noble désargentée, fils d’un statisticien des chemins de fer de la région de Moscou, il part avec sa famille pour la Biélorussie, pendant la Guerre civile. En 1924, le jeune Arcimovič entre, à quinze ans, à l’université de Minsk où son père travaille comme statisticien. En 1928, il gagne Moscou, où il travaille dans différentes bibliothèques, avant de soutenir son diplôme en physique. Puis il se rend à Leningrad, pour y travailler à l’Institut de physique et de technique comme simple préparateur : il y participe à plusieurs découvertes importantes en radioactivité, avant de se consacrer, à partir de 1933, à la physique atomique et nucléaire. Il est, entre autres, le collaborateur d’Igor Kurčatov (1903-1960), père de la bombe A soviétique (1949). A partir de 1944, sous la direction de ce dernier, Arcimovič est l’un des artisans, avec Mihail Leontovič, Andreï Sakharov, Âkov Zel’dovič et d’autres, de la réaction thermonucléaire, puis de la mise au point de la bombe H, en 1953. Cette année-là, il est élu académicien, et reçoit le prix Staline. Parallèlement, il participe aux débuts du l’Institut d’ingénierie physique de Moscou (MIFI), créé en 1946 à l’initiative de Kurčatov et de Boris Vannikov, alors commissaire du peuple aux Munitions de guerre : il y enseigne, avec son maître Igor’ Tamm, Leontovič et d’autres.

Au cours des années 1950, il se signale à plusieurs reprises comme un jeune savant engagé : en 1956, il fait partie, avec Tamm et Leontovič, du groupe de physiciens atomistes qui conteste la réélection de Nesmeânov à la tête de l’AN SSSR, dénonçant l’insuffisance du soutien accordé par ce dernier aux victimes du lyssenkisme, en l’occurrence au généticien Nikolaj Dubinin (1906-1998). En janvier 1957, c’est le même trio qui menace de démissionner de MGU si un étudiant exclu de la Faculté de physique, Denisik, n’est pas réintégré17. Signe de son autorité, il est élu cette année-là académicien-secrétaire du Département de physique générale et d’astronomie de l’AN SSSR – il est aussi un des rédacteurs-consultants de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958).
ARSEN’EV Aleksandr Mihajlovič (1906-1988)

Né dans un village de la région de Moscou, il y devient instituteur avant d’étudier à l’Académie « Krupskaâ » d’éducation communiste de la capitale (comme Nikolaj Gončarov et Fëdor Korolëv) : il travaille ensuite comme directeur d’un collège pédagogique, puis comme responsable des études à cette même Académie, de 1931 à 1939 – et entre au Parti à cette époque. Peut-être est-il victime des purges dans cette institution ? Quoi qu’il en soit, après cette date il sert dans l’armée puis enseigne dans un établissement d’enseignement militaire. De là, il est directement nommé, en 1949, ministre adjoint de l’Instruction de RSFSR, chargé de la formation des cadres pédagogiques – succédant ainsi à Pavel Šimbirëv à la tête de la Direction principale des VSSUZ du ministère. Il reste à ce poste important neuf ans, jusqu’à l’année de la réforme, en 1958 – avant la « discussion générale » de l’automne. La première partie de sa carrière fait de lui un administrateur plus qu’un théoricien – sa thèse de kandidat porte sur les séminaires d’enseignants du milieu du XIXe siècle en Russie. En 1958 il reprend des activités de recherche, ou plutôt de coordination de la recherche en pédagogie : en décembre 1959, il est élu académicien à l’APN (après en avoir été membre correspondant en septembre 1957), y dirige l’Institut de théorie et d’histoire de la pédagogie (1958-1960), puis celui de l’enseignement général et polytechnique (de 1960 à 1969), et siège au Présidium de l’institution. Parallèlement il obtient aussi la direction de la chaire de pédagogie de l’école primaire au MGPI, avant même d’être doktor puisqu’il ne soutiendra sa thèse pour ce grade qu’en 1974, avant d’être professeur l’année suivante. Il publie un ouvrage sur la formation continue des instituteurs (1962), et participe à deux manuels destinés aux étudiants dans cette discipline, dont les titres signalent l’évolution d’une décennie à l’autre, Les bases de l’éducation communiste (1964) et Les problèmes méthodologiques de la pédagogie marxiste-léniniste (1971). Par ailleurs il dirige pendant quinze ans le conseil central de la Société pédagogique de RSFSR, et coordonne la publication des œuvres complètes de Krupskaâ. Il passe pour avoir protégé plusieurs pédagogues des attaques idéologiques voire de la répression18. Dans les années soixante, il a participé à la refonte des programmes scolaires, qui marque une certaine libéralisation par rapport aux décennies précédentes, et a été un défenseur prudent des écoles spéciales et des enseignements à option – sans soutenir véritablement la « différenciation »19.

En mars 1956, il fait part à Vasilij Derbinov, alors chef adjoint du Département des écoles du CC du PCUS pour la RSFSR, de la proposition d’un enseignant du supérieur de comptabiliser le stage pratique des travailleurs pour l’entrée en VUZ : Arsen’ev la rejette, arguant de la nécessité d’une réforme plus large du secondaire20. Il a aussi, en 1957, donné un avis défavorable au rétablissement de l’Académie d’éducation communiste « Krupskaâ »21. En 1958, il est un des premiers hauts responsables à publier un article sur la réforme, avant même la parution du Mémorandum de Khrouchtchev : mais il n’est plus vice-ministre de l’Instruction, ayant laissé ce poste à Aleksej Markuševič. C’est en tant que « membre correspondant de l’APN » qu’il défend, dans la Komsomol’skaâ pravda du 17 septembre 1958, le principe de la réorganisation de l’enseignement secondaire, tout en critiquant les propositions de Zelenko qui aboutiraient à une scolarité à interruptions. Il soutient l’idée que le travail à la production doit être au cœur du processus d’instruction, citant les exemples des écoles d’Ukraine, de Stavropol et de Riazan22. Par ailleurs, il répond à Vasilij Suhomlinskij lors de l’assemblée générale de l’APN consacrée aux Thèses, le 25 novembre 1958. En décembre 1958, il est membre de la sous-commission du Soviet suprême, chargée de la rédaction finale de la loi sur l’enseignement.

Après avoir joué un rôle de premier plan, Arsen’ev est plus discret lors de la reprise du débat sur l’enseignement, affichant ses doutes quant au bien-fondé de la « différenciation » de l’enseignement, défendue par nombre de ses collègues. Néanmoins, en octobre 1963, il participe au concert de critiques à l’encontre de l’allongement de la durée de la scolarité secondaire à dix ans, déclarant que « l’Académie [des sciences pédagogiques] défend » le même point de vue23. Par la suite, il est chargé d’analyser le recrutement des écoles à « profil spécial », tout en secondant Markuševič à la présidence de la Commission centrale de l’APN et d l’AN SSSR pour la réforme des programmes du secondaire24.


Aržanikov Nikolaj Sergeevič (1905-1982)

Après des études à MGU, dont il sort diplômé en 1926, il travaille comme chercheur en aérodynamique à l’Institut central d’aéro- et hydrodynamique (CAGI), tout en enseignant à l’Institut d’aviation de Moscou (MAI). Ses travaux lui valent d’obtenir, à trente ans, le titre de professeur (1935), et il joue un rôle important, pendant la guerre, dans la mise au point des armements soviétiques. Par la suite, il se consacre à l’enseignement, après avoir reçu le titre d’ « acteur méritant de la science de RSFSR » en 1955. Il est aussi l’un des auteurs de la deuxième édition de la Grande encyclopédie soviétique (1949-1958).

En 1958, il écrit dans la Pravda le 21 novembre un article proposant de créer des classes complémentaires d’un ou deux ans, après la fin du secondaire, pour que les meilleurs élèves puissent préparer l’entrée en VUZ. Aleksandr Aleksandrov reprend cette proposition, tout en la critiquant en partie, dans sa tribune parue le 10 décembre dans les Izvestia ; elle avait aussi été mise en avant par Ivan Petrovskij, recteur de MGU, lors de la réunion du 22 septembre au MVO SSSR.
ÂROŠENKO Aleksandr I’lič (1912-1970)

Né dans un village de l’oblast’ de Donetsk, en Ukraine, fils d’ouvrier, il travaille dans la production dès l’âge de seize ans, après avoir fini sa scolarité septennale : de 1928 à 1932, il est employé sur le chantier de la construction de l’usine hydroélectrique sur le Dniepr, et parallèlement s’inscrit en études « sans rupture avec la production » au tehnikum aéronautique de Zaporojie. De 1932 à 1934, il travaille dans une usine d’aviation n°202 à Novossibirsk, comme technicien puis contremaître du bureau d’études25. Il entre ensuite dans l’armée, espérant sans doute y faire carrière : il reprend des études par correspondance, cette fois à l’Institut polytechnique de Sverdlovsk – mais il les interrompt, en 1936, sans avoir obtenu son diplôme. De 1935 à 1953, il travaille à nouveau à l’usine n°202 à Novossibirsk, à différentes fonctions techniques et administratives – il finit chef de la production, et surtout représentant du CC du Parti (dont il est devenu membre en 1939) à l’usine26. Cette dernière fonction lui permet d’être délégué au XIXe Congrès, en octobre 1952 – il y entend notamment les rapports consacrés à la relance de la polytechnisation. Surtout, de 1953 à 1970, date de sa mort soudaine, à 58 ans, il occupe le poste très important de directeur de l’usine d’aviation « Ordjonikidze » de Gorki.

Pourtant, il signe dans la Pravda en tant qu’« ingénieur en mécanique » un article consacré à la réforme. Cette usurpation bénigne illustre parfaitement les réflexions de Vannikov sur le culte du diplôme qui a cours en URSS à cette époque ; par ailleurs Ârošenko a été deux fois décoré de l’ordre de Lénine, et une fois de l’ordre de l’Insigne du travail rouge.
BAJBAKOV Nikolaj Konstantinovič (1911 - …)

Fils d’ouvrier russe de la province de Bakou (Azerbaïdjan), il fait des études à l’Institut pétrolier d’Azerbaïdjan, puis travaille comme ingénieur dans les champs pétrolifères de sa ville natale, gravissant les échelons au sein de son administration pour devenir ingénieur principal du trust « Leninneft’ » en 1939. Cette année-là, il entre au Parti, et sa carrière prend une amplitude nouvelle : il devient le numéro deux du ministère de l’industrie pétrolière d’URSS pendant la guerre (1940-1944), puis le numéro un onze années durant : 1944-1946, 1946-1948 pour les régions méridionales et occidentales d’URSS, puis à nouveau pour toute l’URSS de 1948 à 1955. Il acquiert alors le grade de doktor ès sciences techniques. En mai 1955, alors que l’éviction de Malenkov redistribue les cartes au sein de la direction soviétique, il obtient la présidence du Gosplan, qu’il garde jusqu’à 1958. Mais, sans doute impliqué dans la tentative manquée du « groupe anti-Parti » en juin 1957, il est alors envoyé diriger les sovnarhoz de Krasnodar, puis du Caucase Nord. En mars 1963, il revient dans la capitale, à la tête du comité d’État pour l’industrie chimique et pétrolière, dépendant du Gosplan d’URSS.

Un an après la chute de Khrouchtchev, en octobre 1965, il retrouve la direction de cette institution, et la conserve jusqu’en 1985, avec le rang de vice-premier ministre d’URSS. Parallèlement, il a été membre du CC du PCUS pendant 32 ans mais avec une interruption (1952-1961 puis 1966-1989), et député du Soviet suprême d’URSS en 1946-1950, 1954-1962, 1966-1989. A la fois spécialiste et administrateur, Bajbakov appartient à ce courant technocratique qui, autour d’Aleksej Kosygin et Vladimir Kirillin, aborde les problèmes du pays d’une façon pragmatique, en faisant appel aux scientifiques comme experts – sur les questions économiques, technologiques, etc. Toutefois, son rôle dans la préparation de la réforme de 1958 se limite à sa participation à une réunion pour fixer les frais d’inscription dans les écoles-internats, en fonction du revenu des familles27.

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